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Croatie - Elections européennes

L'opposition de droite victorieuse des premières élections européennes organisées en Croatie

L'opposition de droite victorieuse des premières élections européennes organisées en Croatie

16/04/2013 - Résultats

La coalition emmenée par l'Union démocratique (HDZ), principal parti d'opposition dirigé par Tomislav Karamarko, est arrivée en tête des premières élections européennes organisées en Croatie le 14 avril. Elle a recueilli 32,86% des suffrages et remporté 6 des 12 sièges à pourvoir. La coalition conduite par le Parti social-démocrate (SDP) du Premier ministre Zoran Milanovic a obtenu 32,07% des voix et gagné 5 sièges. Le dernier siège est allé au Travaillistes croates-Parti du travail (HL-SR), parti d'opposition conduit par Dragutin Lesar, qui a recueilli 5,77% des suffrages.

Les 12 nouveaux députés européens croates remplaceront dès juillet prochain les observateurs qui avaient été désignés par les membres du Hrvatski Sabor, chambre unique du Parlement, et qui siégeaient au Parlement européen depuis mars 2011. Ils ne siègeront qu'un an puisque les élections européennes dans l'ensemble des pays de l'Union auront lieu entre les 22 et 25 mai 2014. Seuls quelques-uns de ces observateurs s'étaient porté candidats aux élections européennes.

La victoire de l'opposition au premier scrutin européen a constitué une surprise, le HDZ ayant fortement pâti des diverses affaires de corruption dans lesquelles plusieurs de ses membres ont été impliqués. L'opposition a bénéficié des difficultés des sociaux-démocrates à faire face aux difficultés économiques du pays et de la faible participation, l'électorat du pouvoir en place s'étant très faiblement mobilisé.

Source : site internet de la Commission électorale croate (http://www.izbori.hr/2013EUParlament/rezult/r_00_0000_000.html?t=1365972717300 )


La participation a en effet été extrêmement faible. Elle s'est élevée à 20,79% et a donc été nettement inférieure aux 43,54% enregistrés lors du référendum sur l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne du 22 janvier 2012. Selon l'analyste politique Zarko Puhovski, les Croates n'ont sans doute pas pris la mesure de l'importance du scrutin.
Les candidats étaient peu connus et la campagne électorale a été quasiment invisible : pas de convention de parti, pas de débat télévisé. "Allez aux urnes. Nous avons pour la première fois la chance d'élire nos représentants. Ils ne représenteront pas le gouvernement ou la majorité parlementaire, ils représenteront le people croate. C'est pourquoi il est essentiel que vous alliez voter pour que ceux qui nous représenteront en Europe voient le sérieux et notre maturité des Croates" avait déclaré la ministre des Affaires étrangères et européennes, Vesna Pusic (HNS). Cette dernière a été par ailleurs élue le 23 mars dernier à la présidence du parti en remplacement de Radimir Cacic qui a dû démissionner après avoir été condamné à une peine de prison de 2 ans en Hongrie pour avoir été impliqué en 2010 dans un accident de voiture qui avait fait deux morts.

Le président de la République Ivo Josipovic avait choisi de ne pas organiser le scrutin européen le même jour que le scrutin local programmé le 19 mai prochain. Les deux scrutins - européen et municipal - ne se déroulent pas selon le même mode de vote. Les élections européennes étaient organisées au sein d'une seule circonscription nationale sur des listes ouvertes sur lesquelles les électeurs pouvaient classer les candidats selon leur préférence. Une liste devait recueillir au moins 5% des suffrages exprimés pour participer à la répartition des sièges.

Enfin, "le soutien des Croates à l'adhésion à l'Union européenne s'est effrité au cours des dernières années à cause de la difficile situation économique dans le pays et de la méfiance envers la classe politique locale, mais aussi en raison des problèmes économiques auxquels l'Union européenne est elle-même confrontée" a déclaré Radovan Vukadinovic, professeur de relations internationales à l'université de Zagreb. L'enthousiasme de la population à l'égard de l'Union européenne, qui a culminé en 2003 avec 80% d'opinions positives, a en effet chuté. Néanmoins, l'entrée dans l'Union européenne représente toujours pour eux, qui ont énormément souffert de leur guerre contre les Serbes, une garantie de paix et de stabilité.

Zagreb traverse une grave crise économique et est en récession depuis 2008. L'an passé, le PIB a reculé de 2% sur un an. La croissance pourrait cependant atteindre 0,7% en 2013.
Le PIB par habitant croate représente 60% de la moyenne européenne. Le salaire moyen mensuel est 5 529 kunas (726 €) et le taux de chômage s'élevait en février dernier à plus de 21,9% de la population active (et à 40% parmi les jeunes de moins de 24 ans) selon l'Institut national des statistiques (DZS). Le pays devrait bénéficier d'une aide financière d'environ 13 milliards € de la part de l'Union européenne d'ici 2020.

Le 1er juillet prochain, la Croatie deviendra donc, après la Slovénie, la deuxième République issue de l'ex-Yougoslavie à rejoindre l'Union européenne. Ljubljana a ratifié le 2 avril dernier à l'unanimité le traité d'appartenance de la Croatie à l'Union européenne.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN