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Bruxelles
Les femmes et l'Europe
Bruxelles - 19/11/2009
La Fondation Robert Schuman, en partenariat avec la FAES, l'Institut Constantinos Karamanlis pour la démocratie, Ano Pro Evropu, la Fondation Ithaka et avec le soutien du programme "L'Europe pour les citoyens", ont organisé le 19 novembre 2009 à Bruxelles une conférence sur "L'Europe au féminin. Pour une vraie parité". Ont participé à cette conférence notamment Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie, Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne et Vladimir Spidla, Commissaire en charge de l'emploi, des affaires sociales et de l'égalité des chances.


Devant une vaste audience, le président de la Fondation Robert Schuman, Jean-Dominique Giulani, a ouvert la journée des débats aux côtés de Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne.



Cette dernière a dressé un tableau des limites existant en matière de parité, malgré les progrès accomplis : écart salarial, difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle, violence contre les femmes et difficultés d'accès aux positions de pouvoir.
D'après Mme Wallström, une société fondée sur une réelle parité profiterait à tout le monde et relève d'une nécessité démocratique, sociale et économique.
Il faut d'abord encourager les partis à augmenter le nombre de femmes candidates sur leurs listes. Cependant, la pression politique pourrait ne pas suffire, d'où la nécessité d'instaurer des quotas.



Enfin, la Commissaire a lancé un appel aux chefs d'État et de gouvernement, qui devaient se réunir le soir même afin de désigner les responsables des nouveaux postes créés par le traité de Lisbonne, afin qu'ils montrent l'exemple, en nommant au moins une femme pour ces postes à responsabilités.

Les débats se sont ensuite articulés en trois panels portant respectivement sur "l'état actuel de la participation des femmes à la vie politique en Europe", la "vie locale et régionale" et "les jeunes femmes et la politique".

Le premier panel était composé de représentantes des fondations partenaires. Chacune a présenté la situation de la parité hommes/femmes dans son pays, en faisant notamment référence aux conférences organisées au mois de mai à Athènes, Bucarest, Madrid et Prague dans le cadre du projet "L'Europe au féminin". Toutes les interventions ont fait état d'une sous-représentation féminine dans les postes décisionnels, malgré des avancées législatives indéniables, notamment en Espagne. Les intervenantes étaient aussi largement d'accord sur les solutions pour remédier à cette situation, notamment sur le rôle d'aiguillon joué par l'UE et l'importance d'intervenir au niveau législatif en instaurant des quotas. La loi seule n'est toutefois pas suffisante : elle doit être supportée par une forte solidarité féminine et un travail éducatif permettant de dépasser stéréotypes et préjugés.



Le deuxième panel réunissait des femmes actives dans la vie politique et le milieu associatif, qui ont témoigné des difficultés rencontrées pour s'imposer dans un monde créé par et pour les hommes. Les principaux obstacles sont la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle, des procédures de sélection faites sur mesure pour les hommes, les préjugés envers les femmes et en conséquence un manque de confiance en elles. Pour atteindre la parité, la loi est certainement un instrument important. L'instauration de quotas, assortis de sanctions financières, le financement de la garde d'enfants et la flexibilisation des carrières sont donc des solutions adéquates. Mais un travail éducatif est également nécessaire. Les modèles identificatoires doivent être repensés à l'école, dans les medias, dans les organisations du travail. Enfin, il faut mettre en lumière des modèles de femmes, l'exemplarité pouvant jouer un rôle majeur pour inciter et donner confiance.



Le moment fort de la journée a été le discours de Vaira Vike-Freiberga, ancienne Présidente de Lettonie et vice-présidente du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Union, qui a été accueillie très chaleureusement par le public mais également par les nombreux journalistes présents, à qui Mme Freiberga a ironiquement reproché de s'intéresser à sa candidature au poste de président du Conseil européen en raison de son sexe et non pas de ses compétences.
Mme Freiberga a fait remarquer que, bien que les femmes européennes bénéficient d'une situation privilégiée par rapport à d'autres parties du monde, l'égalité demeure un objectif lointain.
La loi, notamment les quotas, reste l'instrument principal pour faire évoluer les choses, mais cela doit s'accompagner d'une lutte constante contre les préjugés. En démocratie chaque être humain a le droit de développer ses talents sans être brimé par des stéréotypes. Or, on reproche souvent aux femmes leur manque d'ambition, mais quand elles en font la preuve elles sont jugées agressives et masculines, comme si féminité et leadership étaient incompatibles.



Vladimir Spidla, commissaire européen en charge de l'emploi, des affaires sociales et de l'égalité des chances, a clôturé les débats de la matinée en réaffirmant le soutien de la Commission à la bataille en faveur de la parité. La sous-représentation des femmes constitue en effet un déficit démocratique et un gaspillage de talents.
Plusieurs niveaux d'action sont souhaitables : encourager les partis à proposer davantage de candidates femmes en position éligible, limiter le nombre de mandats pour favoriser le renouvellement des élus, mener des actions de sensibilisation, lutter contre les stéréotypes de genres, améliorer les politiques de conciliation entre vie privée et vie professionnelle et enfin développer des réseaux de femmes, dans la politique comme dans le secteur privé, et donner plus de visibilité à celles qui occupent des postes à haut niveau, enfin qu'elle servent de modèle.

Enfin, le panel de l'après-midi a permis un échange de vues entre jeunes femmes engagées dans la vie politique européenne. Les intervenantes mettent principalement l'accent sur trois facteurs : la nécessité d'une plus grande solidarité entre les femmes, notamment les plus jeunes, qui ont tendance à faire face aux difficultés de façon isolée ; l'importance d'un engagement précoce dans l'action sociale, afin d'acquérir le savoir-faire nécessaire pour entrer en politique (les femmes étant à cet égard l'objet d'un scrutin bien plus sévère que leurs collègues hommes) ; mais surtout l'importance du défi culturel. La notion de leadership demeure essentiellement masculine, les femmes restant tributaires de leur rôle au sein de la cellule familiale. Un renouvellement accru des élites faisant plus de place aux jeunes serait dans ce contexte le bienvenu. La nouvelle génération a en effet été élevée avec une mentalité plus ouverte et plus sensible au thème de la parité.