Légère avance pour l'opposition de droite dans les sondages à une semaine des élections législatives au Portugal

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Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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30 mai 2011
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

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Légère avance pour l'opposition de droite dans les sondages à une semaine des él...

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Les Portugais sont appelés aux urnes le 5 juin prochain pour renouveler les 230 membres de l'Assemblée de la République, chambre unique du parlement. Ces élections législatives anticipées sont consécutives à la la démission du Premier ministre sortant José Socrates (Parti socialiste, PS) et de son gouvernement le 23 mars dernier à la suite du rejet au parlement (par les forces d'opposition de droite – Parti social-démocrate, PSD, et Parti populaire, PP – et celles opposées au libéralisme économique – Coalition Parti communiste-Verts, CDU et Bloc des gauches, BE –) du plan de sauvetage qu'il présentait, programme d'austérité censé garantir la réduction du déficit budgétaire du pays (qui représentait 9,3% du PIB en 2010) et éviter le recours de Lisbonne à l'aide internationale.

La croissance économique du Portugal est faible et le pays traverse une crise politique. Les agences de notation Moody's, Standard and Poor's et Fitch n'ont pas hésité récemment à dégrader la note qu'elles attribuent au pays. Lisbonne, qui doit trouver 4,9 milliards € avant le 15 juin prochain, a donc été contraint d'emprunter sur les marchés financiers à des taux d'intérêt très élevés (plus de 8% pour les taux à dix ans). En avril, le Premier ministre José Socrates s'est finalement résolu à demander une aide financière à l'Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI).

Le plan d'aide au Portugal, le troisième de la zone euro après ceux de la Grèce et de l'Irlande, a été finalisé le 6 mai dernier. D'une durée de trois ans, il s'élève à 78 milliards € et est lié à l'adoption de plusieurs mesures d'austérité. Le prochain gouvernement portugais devra ainsi assainir ses finances publiques et mettre en œuvre des réformes structurelles pour restaurer la compétitivité du pays et réduire sa dette publique. L'Union européenne exige en effet de Lisbonne l'adoption d'un "programme d'ajustement", qui prévoit d'une part, des mesures d'économies budgétaires et d'autre part, des réformes structurelles. Le programme est fondé sur trois piliers : consolidation budgétaire (le déficit doit être réduit à 5,9% du PIB à la fin de cette année ; 4,5% en 2012 et 3% l'année suivante) à travers une réforme de la santé, la flexibilisation du marché du travail (gel du salaire minimal à 485 €, réduction de la rémunération des heures supplémentaires, de la durée – 18 mois – et du montant des allocations chômage), un programme de privatisations (en particulier dans les secteurs de l'énergie, des transports et de la poste) et l'assainissement du secteur financier (désendettement et recapitalisation des banques). Le plan prévoit également la baisse des pensions de retraites supérieures à 1 500 € , la réduction de 500 millions € des dépenses de santé, une hausse de la TVA sur certains produits et celle des prélèvements sur la propriété immobilière et enfin un accroissement des impôts sur les salaires et les pensions supérieurs à 1 500 €.

Les taux d'intérêt moyen demandé aux autorités portugaises s'élève à 5,1%. Ceux du FMI s'établissent à 3,25% durant les 3 premières années, puis à 4,25% ; celui de l'Union européenne avoisine les 5,5%, soit au-dessus de celui accordé à la Grèce. Le déficit public devra être réduit à 5,9% du PIB cette année, à 4,5% en 2012 pour atteindre 3% l'année suivante, soit la limite fixée par le Pacte de stabilité et de croissance. Selon la Commission européenne, le Portugal sera en récession cette année (- 2,2%) comme la suivante (- 1,8%). L'endettement du pays devrait atteindre 101,7 milliards €en 2011. Le ministre des Finances sortant, Fernando Teixeira dos Santos (PS), a affirmé que le plan d'aide international devrait également faire grimper le chômage jusqu'à 13% de la population active.

Le FMI et l'Union européenne ont exigé des garanties sur la mise en œuvre du plan de sauvetage, c'est-à-dire la promesse des partis politiques qu'elles respecteront et feront appliquer le programme. Le Parti socialiste au pouvoir, le Parti social-démocrate, dirigé par Pedro Passos Coelho, et le Parti populaire de Paulo Portas s'y sont engagés. Opposés à l'intervention internationale, les partis antilibéraux – la Coalition Parti communiste-Verts et le Bloc des gauches – ont refusé de participer aux négociations.

Le Portugal recevra prochainement une première tranche du prête estimée à 18 milliards €. Un tiers de l'aide sera d'ailleurs versée au cours de l'année 2011. Les 2/3 de la somme proviendront de l'Union européenne et un tiers du Fonds monétaire international.

Le 19 mai dernier, une manifestation organisée à l'appel du principal syndicat du pays, la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP), a rassemblée dans les rues de Lisbonne et de Porto, des dizaines de milliers de personnes protestant contre le plan de sauvetage et affirmant que celui-ci ne fera qu'aggraver la récession, le chômage et l'accroissement des inégalités. "Le plan d'aide va ajouter des problèmes aux problèmes déjà existants car il exige la mise ne place de mesures d'austérité qui vont surtout fragiliser ceux qui ont déjà le moins de moyens, c'est-à-dire la majorité de la population" a déclaré le syndicaliste Helder Pires.

Selon l'enquête d'opinion réalisée par l'université catholique pour le quotidien Diario de noticias, la chaîne de télévision RTP et la station de radio Atenna 1, le Parti social-démocrate et le Parti socialiste sont à égalité à une semaine des élections législatives du 5 juin prochain. Chacun des deux partis recueille 36% des suffrages. En revanche, le sondage réalisé par l'institut Eurosondagem pour l'hebdomadaire Expresso et la chaîne de télévision SIC Noticias place les sociaux-démocrates en tête avec 33,1% des voix pour 32,6% aux socialistes. Enfin, une troisième enquête réalisée par l'institut Intercampus pour le journal Publico et la chaîne de télévision ITV crédite le PSD de 39,6% et le PS de 33,2%.

A une semaine du scrutin, le suspense reste donc entier au Portugal.

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