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La FIDESZ obtient la majorité des 2/3 au Parlement hongrois

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Fondation Robert Schuman

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26 avril 2010
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L'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz) a réussi son pari et obtient la majorité des 2/3 au Parlement à l'issue du 2e tour des élections législatives le 25 avril en Hongrie, un fait sans précédent en Europe centrale et orientale. La FIDESZ remporte 263 sièges, soit +5 par rapport à la majorité des 2/3. Le Parti socialiste (MSZP), au pouvoir depuis 8 ans et conduit par Attila Mesterhazy, est le grand perdant en remportant 59 sièges.

Le scrutin a été marqué par la percée du parti d'extrême droite, le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik), emmené par Gabor Vona qui remporte 47 sièges à l'Orszaggyules (Parlement). Enfin, le parti Faire de la politique autrement (LMP), formation écologiste de gauche, obtient 16 sièges.

Le taux de participation a été, au 2e tour, nettement inférieur à celui enregistré lors du 1er tour du 11 avril dernier. Moins de la moitié des 2,5 millions d'électeurs concernés par le scrutin se sont rendus aux urnes (44,17%, soit - 20,12 points). De nombreuses personnes ont pu penser que les jeux étaient faits, la FIDESZ ayant remporté la majorité absolue dès le 1er tour.

Viktor Orban, leader de la FIDESZ, est le grand vainqueur de ce scrutin et, 8 ans après en avoir été chassé par les socialistes, retrouvera son poste de Premier ministre. L'obtention de la majorité des 2/3 constituait le seul véritable enjeu du 2e tour. "Seul un miracle peut empêcher la FIDESZ d'obtenir une majorité des deux tiers" avait déclaré l'analyste politique Peter Kreko à la veille du scrutin. Cette majorité permettra au parti de Viktor Orban de mener des réformes constitutionnelles qui figurent dans son programme.

Le parti compte ainsi diviser par deux le nombre des députés nationaux, réduire le nombre des élus locaux ou encore modifier les lois sur la presse, une mesure qui suscite d'ores et déjà l'inquiétude des autres partis qui y voient une menace pour la liberté de la presse. La FIDESZ a promis d'accorder la double nationalité (et donc le droit de vote) à plus de 3 millions de Hongrois vivant dans les Etats voisins, une mesure qui pourrait s'avérer difficile à appliquer dans certains pays – par exemple en Ukraine –qui interdisent la double nationalité. 1,4 million de Hongrois vivent en Roumanie (représentant 6,6% de la population totale), 520 000 en Slovaquie (9,7%), 293 000 en Serbie (3,9%), 156 000 en Ukraine (0,3%), 26 000 en Autriche (0,3%), 16 000 en Croatie (0,3%) et 6 000 en Slovénie (0,3%).

Janos Martonyi, ancien ministre des Affaires étrangères (1998-2002) dans le premier gouvernement dirigé par Viktor Orban et qui devrait retrouver son poste à l'issue de ces élections législatives, a déclaré que l'octroi de la nationalité aux Hongrois vivant dans les pays limitrophes visait à "supprimer des discriminations", conséquences du traité de Trianon qui, le 4 juin 1920, a amputé Budapest de plus des 2/3 de son territoire et de 3,3 millions d'habitants. Il a souhaité rassurer l'Union européenne, inquiète de la montée du nationalisme en Hongrie, en précisant : "Nous ne parlons pas des territoires, seulement des êtres humains".

La Hongrie prendra la Présidence de l'Union européenne au 1er semestre de l'année 2011. "La promotion de la diversité culturelle et linguistique en Europe sera l'un des axes de la Présidence hongroise" a déclaré Janos Martonyi au quotidien Le Monde.

Agé de 47 ans, Viktor Orban est diplômé de droit. Le 30 mars 1988, il fait partie des membres fondateurs de la FIDESZ. En 1990, il est élu député au Parlement. En 1998, Viktor Orban devient, à 35 ans, le plus jeune Premier ministre d'Europe.

Les investisseurs attendent de la FIDESZ qu'elle remette la Hongrie sur la voie de la croissance économique en poursuivant la politique de consolidation budgétaire amorcée par le gouvernement socialiste sortant dirigé par Gordon Bajnai. 20 ans après la chute du communisme, la Hongrie paie le prix de l'inachèvement de ses réformes. Les fondamentaux de son économie sont vulnérables et le pays a été l'un des Etats membres de l'Union européenne les plus touchés par la crise économique internationale. L'économie hongroise s'est contractée de 6,7% en 200 ; le taux de croissance du PIB devrait s'élever à 0,6% en 2010 avant de remonter à 3,7% en 2011. L'inflation est élevée (4,1% prévus en 2010) et le chômage, supérieur à 10% de la population active, devrait se maintenir à ce niveau jusqu'en 2012. Le déficit budgétaire, qui s'établissait en 2009 à 7% du PIB, a été ramené à 3,8% par le gouvernement socialiste. Enfin, la dette publique hongroise s'élève à 65% du PIB, le chiffre le plus important d'Europe centrale et orientale, et pourrait atteindre près de 80% en 2010.

La marge de manœuvre du prochain gouvernement sera donc très limitée. Les promesses de baisses d'impôts et de création d'un million d'emplois pour relancer l'économie faites par Viktor Orban durant la campagne électorale risquent donc d'être très difficiles à tenir. Et ce d'autant plus que le pays sera surveillé de près par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne.

"La victoire de l'Alliance des jeunes démocrates est une opportunité, mais aussi un grand risque. Si les réformes échouent, ils en porteront toute la responsabilité et ne pourront blâmer personne d'autre" affirme Peter Kreko de l'institut de recherches Political Capital.

"Les Hongrois ont mis fin à un régime et en ont créé un nouveau. Ils ont fondé le régime de la coopération nationale qui remplace celui du règne des oligarques" a déclaré Viktor Orban. "Ce sera la tâche la plus difficile qui m'ait été confiée".

Source : Commission électorale hongroise http://www.valasztas.hu/en/parval2010/298/298_0_index.html

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