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Helen Levy
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Helen Levy
Malgré de violentes tempêtes qui ont frappé le Portugal ces derniers jours et certains appels au report du scrutin, le second tour de l'élection présidentielle s’est tenu le 8 février. Les Portugais ont élu António José Seguro, qui succèdera à Marcelo Rebelo de Sousa. Ce dernier a accompli deux mandats de cinq ans et ne peut pas se représenter. Avec 66.82% des voix, il a largement devancé André Ventura qui a obtenu 33,18%. La participation s’est élevée à 50,11%.
Antonio José Seguro deviendra le sixième président de la troisième république établie après le retour du Portugal à la démocratie au lendemain de la dictature de Salazar en 1976.
Ce résultat s'explique par un important report de voix des partisans d'Henrique Gouveia e Melo (indépendant, 12,32 % au premier tour) et de Luís Marques Mendes (social-démocrate, 11,3 %), ainsi que de ceux qui avaient initialement voté pour João Cotrim de Figueiredo (libéral, 16 %).
Le 18 janvier, après le premier tour, Antonio José Seguro (centre-gauche (PS)) a demandé à « tous les démocrates, tous les progressistes et tous les humanistes » de voter pour lui le 8 février afin de vaincre « l'extrémisme » et « ceux qui sèment la haine et la division parmi les Portugais ». Il a également souligné son indépendance, déclarant que sa candidature n'était pas celle d'un parti particulier, mais celle de la démocratie, et il semble que l'électorat ait entendu ce message.
Lors d'un débat télévisé qui a eu lieu entre les deux tours, le 27 janvier, le fossé qui séparait les deux candidats était palpable. Bien que rien de nouveau n'ait été apporté à la discussion au cours de cette émission de 75 minutes, André Ventura s'est montré combatif et António Seguro plus mesuré, s'adressant au centre-gauche et aux conservateurs plus modérés. André Ventura a mis l'accent sur les taux de criminalité et l'immigration, tandis que Antonio Seguro a mis en avant la continuité constitutionnelle et la stabilité.
Malgré cette défaite, André Ventura a fait une percée rapide dans le paysage politique avec son mouvement populiste Chega ! (Assez !) depuis sa création il y a six ans, pour devenir le principal parti d'opposition, dans le but de renverser le Parti social-démocrate (PSD), centre-droit. À l'approche du second tour, il a tenté de capitaliser sur le mécontentement des électeurs en évoquant la hausse des coûts du logement, les bas salaires et ce qu'il considère comme une immigration « excessive ». Sa montée en puissance devrait servir d'avertissement à la droite modérée, car ce scrutin peut sembler être un test pour voir combien de voix il pouvait rallier à son nom. Ainsi avec ce scrutin, les Portugais ont fortifié leur démocratie en préférant « une figure institutionnelle familière à un challenger polarisant ». Cela fait également écho à la montée continue d'autres mouvements populistes d'extrême droite dans plusieurs pays européens.
La difficulté pour le nouveau président sera désormais de cohabiter avec un gouvernement minoritaire dirigé par le PSD (Luis Montenegro), élu lors des élections législatives en 2025 (les troisièmes en trois ans). Luis Montenegro s'appuie sur un équilibre délicat entre le soutien de la droite et de la gauche pour maintenir son gouvernement au pouvoir. La question est de savoir si António Seguro sera en mesure de l'aider, ou de le gêner, dans cette tâche. Bien qu'il s'agisse normalement d'une figure impartiale sans aucun pouvoir exécutif, le président du Portugal reste influent. Il peut opposer son veto aux projets de loi présentés au parlement (ce qui est toutefois réversible) et, en dernier ressort, il peut dissoudre ce dernier.
Résultats du second tour de l'élection présidentielle du 8 février 2026 au Portugal
Participation : 50,11%

Source : https://www.presidenciais2026.mai.gov.pt/resultados/globais
Âge de 63 ans, Antonio José Seguro est originaire de Penamacor, région centrale du pays à la frontière espagnole. Dès son plus jeune âge, il s'est intéressé à la politique et a étudié les relations internationales à l'Université autonome de Lisbonne. Il a rejoint le Parti socialiste et a été élu pour la première fois au Parlement en 1991. De 1999 à 2001, il a été député européen. Il a ensuite occupé diverses fonctions au sein de plusieurs gouvernements, notamment sous Antonio Guterres. Il est devenu président du Parti socialiste en 2011. En 2014, après avoir été contesté par Antonio Costa pour la direction du parti et avoir perdu face à ce dernier, il a démissionné et s'est retiré de la vie politique. Ce n'est qu'en 2024 que son intérêt pour la présidence s'est ravivé, après avoir commencé à travailler comme commentateur politique pour CNN Portugal. Le nouveau président prêtera serment le 9 mars juste avant juste la session législative du printemps.
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