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Elections sénatoriales en République tchèque, 17-18 et 24-25 octobre 2008

Actualité

Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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12 novembre 2008
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

Fondation Robert Schuman

Une partie des Tchèques ont été convoqués aux urnes pour renouveler 27 des 80 sièges du Sénat les 17-18 et 24-25 octobre 2008. 200 personnes avaient fait acte de candidature, soit une hausse de 36% par rapport au précédent scrutin des 20-21 et 27-28 octobre 2006.

Le principal parti d'opposition, le Parti social-démocrate (CSSD), est sorti vainqueur du scrutin en remportant 24 sièges, dont 1 dès le 1er tour. Il s'agit de la première victoire du Parti social-démocrate à des élections sénatoriales depuis la création de la République tchèque (1993). Le Parti démocrate-civique (ODS) du Premier ministre Mirek Topolanek au pouvoir depuis 2006 perd 6 sièges et en conserve 3 à Prague, le Parti communiste de Bohème et Moravie (KSCM), obtient 1 sénateur à Znojmo (Sud de la Moravie).

Les forces de droite qui contrôlaient la majorité (41) des 80 sièges du Sénat perdent donc leur majorité, mais conservent le contrôle de la Chambre haute grâce à leurs partenaires de coalition que sont l'Union chrétienne-démocrate-Parti du peuple (KDU-CSL) de Jiri Cunek et les Verts (SZ) dirigé par Martin Bursik.

La participation (40%) a été élevée pour ce type d'élections en République tchèque.

Le Parti social-démocrate (CSSD) avait centré sa campagne sur son opposition aux réformes de rigueur mises en œuvre par le gouvernement de Mirek Topolanek (ODS) et surtout sur la critique des franchises médicales que les patients doivent désormais acquitter à chaque consultation, pour chaque prescription et chaque journée d'hospitalisation. A l'issue du scrutin, le CSSD a demandé des élections législatives anticipées et la création d'un gouvernement d'union nationale dans la perspective de la présidence tchèque de l'Union européenne (1er janvier-30 juin 2009), ce qu'a rejeté Mirek Topolanek : "Le résultat des élections législatives du 2-3 juin 2006 décisif pour l'existence de ce gouvernement selon la Constitution est toujours valable".

"Ces élections ont été une forme de référendum sur Mirek Topolanek. Les électeurs ont montré qu'ils voulaient un changement de style de politique avec moins d'arrogance" a déclaré, entre les deux tours de scrutin, le Président de la République, Vaclav Klaus, à la télévision. Le Chef de l'Etat est apparu deux fois en public pour soutenir le Parti démocrate-civique (ODS), dont il est président d'honneur, alors qu'il avait toujours promis de rester impartial. "Je pense que ces interventions dépassent le rôle qu'il a à jouer dans la vie politique" a critiqué le Premier ministre. La tension entre Mirek Topolnaek et Vaclav Klaus est ancienne et connue de tous. "Pour moi, ces résultats signifient que j'aurai à réfléchir sur l'éventualité de ma candidature au poste de chef de file du Parti démocrate-civique lors du congrès du parti qui se déroulera en décembre prochain. Il est nécessaire de mener une auto réflexion et de procéder à des remaniements au sein du gouvernement après ces élections" a ajouté Mirek Topolanek.

La modification de la composition du Sénat revêt une importance particulière pour deux enjeux spécifiques : le radar du bouclier anti-missile américain que les Etats-Unis veulent implanter en République tchèque et auquel le Parti social-démocrate est opposé et le traité de Lisbonne que Prague refuse de ratifier depuis le "non" du référendum irlandais du 12 juin 2008. A l'issue de ces élections sénatoriales, il n'existe plus, à la Chambre haute, de majorité susceptible de bloquer le vote du traité. De même, il devrait être plus difficile de faire approuver le projet de bouclier anti-missile sur le sol tchèque par les sénateurs.

Les 17 et 18 octobre 2008, les Tchèques renouvelaient également les parlements régionaux de 13 régions (Prague ne votait pas à ce scrutin). Le Parti social-démocrate s'est largement imposé en recueillant 35,86% des suffrages et remportant l'ensemble des 13 régions. Le Parti démocrate-civique a obtenu 23,57% des voix, le Parti communiste de Bohème et Moravie, 15%, l'Union chrétienne-démocrate-Parti du peuple, 7% et les Verts, 3%.

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