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La droite emmenée par Viktor Orban remporte une large victoire au 1er tour des élections législatives en Hongrie

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Fondation Robert Schuman

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12 avril 2010
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L'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz) emmenée par l'ancien Premier ministre (1998-2002) Viktor Orban est arrivée largement en tête du 1er tour des élections législatives qui se sont déroulées le 11 avril en Hongrie. La FIDESZ a recueilli 52,73% des suffrages. Elle devance le Parti socialiste (MSZP) au pouvoir depuis 8 ans conduit par Attila Mesterhazy qui obtient 19,31% des voix.

Derrière la victoire annoncée de la FIDESZ, le véritable enjeu de ces élections législatives résidait dans la course pour la 2e place. Le parti d'extrême droite, le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik) emmené par Gabor Vona, a recueilli 16,67% des suffrages mais ne devance pas le Parti socialiste comme l'annonçaient certains sondages avant le scrutin.

Contredisant également les enquêtes d'opinion, le parti écologiste Faire de la politique autrement (LMP), recueille 7,44% des suffrages et entre donc au Parlement.

La participation a été légèrement inférieure à celle enregistrée lors du 1er tour des élections législatives du 9 avril 2006 (- 3,54 points) et s'est établit à 64,29%

"Itt az ido !" (Voici venu le moment !) lisait-on sur les affiches de campagne de la FIDESZ. Viktor Orban était quasiment assuré de revenir au pouvoir après 8 ans d'opposition. La question de ce scrutin législatif était en effet de savoir si son parti obtiendrait la majorité absolue à l'issue des élections législatives ou celle des 2/3, qui lui permettrait de modifier la Constitution. Au vu des résultats de ce 1er tour, les choses semblent plutôt mal engagées.

"Les Hongrois ont voté pour la Hongrie et pour son avenir. Je sens dans mon corps et je sais dans mon cœur que je suis face à la plus grande tâche de mon existence. J'aurai besoin de tout le peuple hongrois pour la surmonter" a déclaré Viktor Orban à l'annonce des résultats.

Le Parti socialiste, rendu responsable par les Hongrois de tous les maux du pays et totalement décrédibilisé, s'il s'en sort mieux que ce qu'annonçaient les enquêtes d'opinion perd néanmoins plus de la moitié de ses électeurs en 4 ans.

Ce 1er tour a été marqué par la percée du Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik). Le parti confirme son résultat des élections européennes du 7 juin dernier où il avait recueilli 14,77% des voix (3 sièges au Parlement de Strasbourg) mais où la participation avait été faible puisque seuls 36,31% des Hongrois s'étaient rendus aux urnes. Le résultat du Jobbik, qui échoue cependant à prendre la 2e place au Parti socialiste, est une première en Hongrie depuis la chute du communisme en 1989. Aux précédentes élections législatives de 1998, un autre parti d'extrême droite, le Parti pour la justice et la vie (MIEP), avait obtenu 5,43% des voix et remporté 14 sièges au Parlement.

Jobbik se bat contre ceux qu'il qualifie d'ennemis de la Hongrie, soit les bolcheviques, les multinationales et les capitalistes, les politiciens et les élites forcément corrompus, l'Union européenne et l'axe "Tel-Aviv-Washington-Bruxelles", et attise volontiers les tensions entre les différentes composantes de la population hongroise, notamment entre Roms et non Roms.

Jobbika commencé à exister sur la scène politique lors des émeutes de l'automne 2006 consécutives à la diffusion d'une cassette contenant un discours prononcé à huis clos par le Premier ministre de l'époque Ferenc Gyurcsany (MSZP) devant les députés de son parti dans lequel il reconnaissait avoir menti aux électeurs pour remporter les élections des 9 et 23 avril 2006. "Il y a toujours eu, en Hongrie, dans certains milieux intellectuels, un ultranationalisme fortement teinté d'antisémitisme. Mais, à travers la montée du Mouvement pour une meilleure Hongrie, on voit émerger une nouvelle génération de politiciens qui ont réussi à faire le lien entre cette idéologie et les frustrations d'aujourd'hui. Les jeunes, y compris les étudiants, ont le sentiment qu'ils vivent dans une société bloquée, un peu comme en France, avant mai 1968. Le Jobbik les attire parce qu'il leur tient un discours anti establishment et qu'il est le seul à le faire dans un pays où l'extrême gauche n'existe pas" analyse Attila Fölz, professeur de sciences politiques à l'Université centrale européenne.

A ce jour, Viktor Orban a exclu toute alliance avec Jobbik mais le résultat obtenu par ce dernier parti aura certainement des conséquences sur l'action politique du futur gouvernement. Il ne sera pas non plus sans importance pour les États voisins, notamment la République tchèque et la Slovaquie, qui renouvellent leur Parlement en mai et juin prochain.

Viktor Orban a indiqué que les Hongrois avaient voté contre "l'absence d'espoir", et a promis "de sortir le pays du désespoir". Il a toutefois peu détaillé durant la campagne électorale la façon dont il comptait s'y prendre pour tenir sa promesse. "Il ne serait pas responsable de faire des promesses que nous ne pourrions pas tenir. Il faut compter avec l'imprévisibilité des facteurs extérieurs. Reste que nous avons des objectifs : créer un million d'emplois en dix ans, alléger les impôts et lutter contre la corruption" a déclaré Janos Martonyi, ancien (1998-2002) – et probablement prochain – ministre des Affaires étrangères.

Les Hongrois attendent beaucoup de la FIDESZ et tout d'abord une amélioration de leurs conditions de vie et de leur pouvoir d'achat, fortement ébranlés ces dernières années.

Le 2e tour des élections législatives aura lieu le 25 avril prochain dans les circonscriptions où les députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal et où aucun d'entre eux n'a obtenu la majorité absolue. Une chose est certaine cependant : l'ancien Premier ministre Viktor Orban est assuré de retrouver le pouvoir le 25 avril prochain.

Source : Commission électorale hongroise

Lien vers l'analyse du think tank hongrois "Szazadveg" sur les élections en Hongrie : http://www.robert-schuman.eu/doc/actualites/diplomata_20100412.pdf

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