Analyse

Election présidentielle à l'issue très incertaine en Slovaquie où le chef de l'Etat sortant Andrej Kiska ne se représente pas

Élections en Europe

Corinne Deloy

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18 février 2019
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Election présidentielle à l'issue très incertaine en Slovaquie où le chef de l'E...

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Le 10 janvier dernier, Andrej Danko (Parti national, SNS), président du Conseil national de la République (Narodna rada Slovenskej Republiky), chambre unique du Parlement, annonçait que les Slovaques seraient appelés aux urnes le 16 mars prochain pour le 1er tour de l'élection présidentielle. Si aucun des candidats en lice ne recueille ce jour-là plus de la moitié des suffrages exprimés (ce qui est fort probable vu le nombre élevé de personnes qui se présentent à ce scrutin), un 2e tour de scrutin sera organisé deux semaines plus tard, soit le 30 mars.

Le 15 mai 2018, le président de la République sortant, Andrej Kiska, avait annoncé ne pas vouloir se représenter pour un 2nd mandat.

Les candidats

15 personnes sont officiellement candidates à l'élection présidentielle des 16 et 30 mars prochains :

– Bela Bugar, dirigeant de Most-Hid (qui signifie " pont " en slovaque et en hongrois), député ;

– Maros Sefcovic, soutenu par Direction-Démocratie sociale (SMER-SD), vice-président de la Commission européenne, en charge de l'énergie ;

– Ivan Zuzula, dirigeant du Parti conservateur (SKS) ;

– Marian Kotleba, président de Kotleba-Parti populaire-Notre Slovaquie (L'SNS), député ;

– Jozsef Menyhart, dirigeant du Parti de la coalition hongroise (SMK-MKP) ;

– Milan Krajniak (Nous sommes une famille, AME R), député ;

– Zuzana Caputova (Slovaquie progressiste, PS) ;

– Robert Mistrik, indépendant, soutenu par Liberté et solidarité (Sloboda a Solidarita, SaS) et Ensemble-Démocratie civique (SPOLU) ;

– Stefan Harabin, indépendant, ancien ministre de la Justice (2006-2009) et ancien président de la Cour suprême (2009-2014) ;

– Frantisek Miklosko, indépendant, soutenu par le Parti conservateur civique (OKS), ancien du Conseil national slovaque (1990-1992) ;

– Bohumila Tauchmannova, indépendante ;

– Eduard Chmelar, indépendant ;

– Juraj Zabojnik, indépendant ;

– Robert Svec, indépendant ;

– Martin Dano, indépendant.

Le contexte politique

Le paysage politique slovaque est extrêmement fragmenté et, comme de nombreux Européens, les électeurs ont tendance à rejeter les partis traditionnels lors des scrutins. On a pu observer ce phénomène, notamment dans les plus grandes villes du pays, lors des dernières élections locales qui se sont déroulées le 10 novembre dernier. Un grand nombre de candidats, peu expérimentés, ont été élus, tels Marek Hattas, âgé de 31 ans, qui a été élu maire de Nitra (sud-ouest du pays), ou Matus Vallo, 41 ans, qui est devenu maire de Bratislava.

Peter Pellegrini (SMER-SD) occupe la fonction de Premier ministre depuis le 22 mars 2018. Il a remplacé à ce poste Robert Fico, contraint à la démission, comme deux de ses ministres, à la suite de la crise politique qu'avait suscité l'assassinat du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kusnirova à la fin du mois de février 2018. Jan Kuciak enquêtait sur les soupçons de fraude fiscale et de corruption dans les milieux politique et économique pour le site d'information www.aktuality.sk.

Les candidats indépendants possèdent donc un avantage sur ceux présentés par des partis politiques à l'élection présidentielle des 16 et 30 mars. De même si Maros Sefcovic n'a pas caché que Direction-Démocratie sociale lui avait proposé de concourir à l'élection présidentielle, il aime à préciser qu'il n'est pas lui-même membre de ce parti avec lequel il a pris ses distances même si celui-ci devrait participer financièrement à sa campagne électorale. " Aujourd'hui, la question n'est pas de savoir si nous avons besoin d'un président de la République de coalition ou d'opposition. Nous n'avons pas besoin de conflits politiques incessants. La Slovaquie a besoin d'un chef d'Etat qui contribue à l'unité nationale " a récemment déclaré le commissaire européen. " Le pays a besoin d'un président qui ne soit pas partisan et d'une large réconciliation nationale " a-t-il ajouté.

Selon la dernière enquête d'opinion réalisée entre le 7 et le 12 février par l'institut Focus, Maros Sefcovic devrait arriver en tête du 1er tour de scrutin avec 20,1% des suffrages devant Robert Mistrik, qui en recueillerait 17,1%. Zuzana Caputova prendrait la 3e place avec 14,4%, Stefan Harabin en obtiendrait 13,6%, Marian Kotleba 8,9%, Bela Bugar 7,4% et Milan Krajniak 6,3%. Les 8 autres candidats recueilleraient moins de 5% des suffrages.

Un 2e tour opposant Maros Sefcovic à Robert Mistrik verrait une victoire du premier mais par une courte avance (50,8% des voix pour 49,2% à son adversaire). La campagne de l'entre-deux tours devrait donc être très intense.

La fonction présidentielle en Slovaquie

Le président de la République slovaque possède peu de pouvoir. Elu pour 5 ans, il est le commandant en chef des forces armées ; il négocie et ratifie les accords internationaux, il promulgue les lois et il peut accorder des amnisties.

Toute personne souhaitant se présenter à la magistrature suprême doit obligatoirement recueillir au moins 15 000 signatures d'électeurs ou bien celles d'un minimum de 15 députés soutenant sa candidature.

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Source : http://volby.statistics.sk/prez/prez2014/Prezident-dv/def-sk.html

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