Elections législatives en Slovaquie, 17 juin 2006

Actualité

Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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15 mai 2006
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Deloy Corinne

Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

Fondation Robert Schuman

Le 17 juin prochain, deux semaines après leurs voisins tchèques, près de 4,5 millions de Slovaques sont appelés à renouveler leur Parlement. Le 6 février dernier, la coalition gouvernementale a volé en éclats après que le Parti chrétien-démocrate (KDH) eut décidé de la quitter à la suite du refus du Premier ministre Mikulas Dzurinda (Union démocratique et chrétienne, SDKU) d'adopter la clause de conscience, prévue dans un traité signé en 2002 avec l'Etat du Vatican, et qui permet aux personnes d'obédience catholique de refuser d'exécuter certaines actions au nom de leur conscience. Avec cette clause, un salarié aurait ainsi pu refuser de travailler le dimanche, un médecin de pratiquer une interruption de grossesse, un professeur d'enseigner la théorie de l'évolution, etc. Cette disposition, unique en son genre, avait été critiquée par le réseau d'experts en droits fondamentaux de Bruxelles.

Pour le politologue Grigorij Meseznikov, la Slovaquie, par cette polémique, s'est trouvée face à une alternative n'engageant rien moins que l'avenir du pays puisqu'il s'agissait pour Bratislava de choisir entre son "ancrage dans une Europe libérale" ou bien au sein de "d'un pôle conservateur et traditionaliste en Europe". La Slovaquie, qui compte 70% de personnes de confession catholique, est, après la Pologne, le deuxième pays le plus religieux d'Europe centrale.

Après la démission des trois ministres appartenant au Mouvement chrétien-démocrate -le ministre de l'Intérieur, Vladimir Palko, celui de la Justice, Daniel Lipsic, et le ministre de l'Education, Martin Fronc- le Chef du gouvernement Mikulas Dzurinda a proposé la tenue d'élections législatives anticipées.

Le système politique

Le Parlement monocaméral, le Conseil national de la République, comprend 150 membres élus pour quatre ans au scrutin proportionnel. Afin de pouvoir se présenter aux élections, tout parti ou mouvement doit déposer une déclaration certifiant qu'il réunit au moins 10 000 adhérents. Si ses effectifs sont inférieurs, un parti peut néanmoins déposer une pétition de soutien contenant un nombre de signatures lui permettant d'atteindre ce chiffre. Une formation politique doit recueillir au moins 5% des suffrages exprimés pour être représentée au Conseil national de la République, une coalition de deux ou trois partis au moins 7% (10% si elle réunit quatre formations ou plus).

Sept formations politiques sont actuellement représentées au Conseil National de la République :

- le Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS), longtemps principale formation du Parlement avant la défection de treize de ses membres dirigée par l'ancien Premier ministre (1993-1998) Vladimir Meciar ;

- l'Union démocratique et chrétienne (SDKU), parti de Mikulas Dzurinda, Premier ministre depuis le 30 octobre 1998 ;

- Direction (SMER), formation sociale-démocrate créée le 29 octobre 1999 et dirigée par Robert Fico ;

- le Parti de la coalition hongroise (SMK), parti libéral présidé par Bela Bugar ;

- le Mouvement chrétien-démocrate (KDH), formation créée en février 1990 et membre de la coalition gouvernementale de septembre 2002 au 6 février 2006 ;

- l'Alliance du nouveau citoyen (ANO), parti créé les 21-22 avril 2001 et dirigé par l'ancien ministre de l'Economie, Pavel Rusko ;

- le Parti communiste (KSS), située à l'extrême gauche sur l'échiquier politique.

21 formations politiques sont candidates aux élections législatives du 17 juin prochain. Environ 2,5 millions de Slovaques vivent à l'étranger dont 400 000 possèdent la nationalité et peuvent donc voter. Pour la première fois dans l'histoire du pays, les Slovaques résidant en République tchèque (environ 200 000 personnes) seront autorisés à voter par courrier et n'auront donc pas à se déplacer pour remplir leur devoir de citoyen. A ce jour, seuls 300 expatriés se sont inscrits sur les listes électorales de Petralka, la ville choisie pour recevoir leurs votes. Ce faible nombre s'explique, selon Vilma Privarova, responsable du bureau des Slovaques vivant à l'étranger, par le peu de publicité faite.

Le bilan du deuxième gouvernement de mikulas dzurinda (2002-2006)

"Nous voulons tout faire pour que la Slovaquie ne perde pas sa renommée, son image et sa stabilité économique" déclare Mikulas Dzurinda qui, après 8 ans passés à la tête du gouvernement, est candidat à sa propre succession. Le Premier ministre n'a exclu de collaborer avec aucune formation politique à l'exception du Parti communiste. Il a précisé que le Mouvement chrétien-démocrate et le Parti de la coalition hongroise constituaient les partenaires les plus probables de l'Union démocratique et chrétienne. "Le pays doit avoir un gouvernement et nous devons respecter la volonté des électeurs" a t-il déclaré.

Durant ses deux mandats à la tête du gouvernement, le Premier ministre a fait de la Slovaquie, contrée isolée après la législature (1993-1998) de Vladimir Meciar et accusant un large retard sur le plan du développement économique, un pays moderne et dynamique. Depuis 2002, l'activité économique nationale a augmenté de 17% et le taux de chômage a reculé de huit points passant de 20% à 12% de la population active (l'Est du pays reste cependant la partie la plus touchée). Pour la première fois, le déficit public s'est situé, en 2005, au-dessous des 3% du PIB. Le ministre des Finances et vice-président de l'Union démocratique et chrétienne, Ivan Miklos, a attribué cette baisse du déficit à la rapidité de la croissance de l'économie et à l'accroissement des revenus de l'impôt. "Mon unique but est la continuité de la politique mise en place par le gouvernement pour la Slovaquie" affirme le Premier ministre qui souhaite poursuivre sa politique de réformes. "Je sais ce que dont je ne veux pas : un retour au socialisme" répète-il, estimant que tel est le danger que court le pays en cas de victoire de Direction- (SMER-SD) aux élections législatives du 17 juin prochain.

Durant quatre ans, Mikulas Dzurinda a dû faire face à de nombreuses tensions entre les partenaires de sa coalition gouvernementale. Depuis l'automne 2003, son gouvernement est d'ailleurs minoritaire au Parlement et doit négocier chacun de ses projets avec les députés non-inscrits ou des membres de l'opposition. Les membres des formations de la coalition gouvernementale ont signé un pacte de bonne conduite qui rend leur présence obligatoire lors des votes au Conseil national de la République. En juillet 2005, le gouvernement a résisté à une motion de défiance, finalement votée par seulement 60 parlementaires, soit 16 de moins que le chiffre nécessaire pour faire chuter le Premier ministre. Le 24 août 2005, le ministre de l'Economie, Pavel Rusko, président de l'Alliance du nouveau citoyen, a dû démissionner de son poste après que la presse a divulgué qu'il avait, à titre privé, emprunté plus de 2.5 millions d'euro à un homme d'affaires.

Le Premier ministre a également surmonté plusieurs épreuves électorales. Le 3 avril 2004, lors du premier tour de l'élection présidentielle, les Slovaques avaient été appelés aux urnes pour se prononcer par référendum sur la tenue d'éventuelles élections législatives anticipées. Cette consultation populaire résultait d'une pétition émanant de la Confédération des syndicats (KOZ) qui protestait contre les réformes économiques et sociales mises en place depuis un an par le gouvernement de Mikulas Dzurinda. Le référendum avait échoué, faute d'une participation suffisante : seuls 35,86% des Slovaques avaient accompli leur devoir de citoyen alors que la loi électorale exige la participation de la moitié des inscrits pour valider la consultation populaire. Parmi les électeurs qui s'étaient prononcés, une large majorité, 86,78%, s'étaient déclarés favorables à des élections législatives anticipées, contre 11,93% qui avaient voté contre. Ce même jour, le candidat de la coalition gouvernementale au poste présidentiel, le ministre des Affaires étrangères Eduard Kukan, donné favori par l'ensemble des enquêtes d'opinion, avait été éliminé dès le premier tour de scrutin, recueillant 22,10% des suffrages et arrivant en troisième position.

En revanche, les formations de l'actuelle coalition gouvernementale sont sorties victorieuses du premier tour des élections régionales qui s'est déroulé le 26 novembre 2005. La coalition formée par l'Union démocratique et chrétienne, le Mouvement chrétien démocrate et le Parti de la coalition hongroise a multiplié son nombre de conseillers régionaux par deux par rapport au précédent scrutin des 2 et 15 décembre 2001 et obtenu la majorité dans cinq des huit Parlements régionaux du pays. Les forces d'opposition ont toutefois remporté le deuxième tour de scrutin qui a eu lieu le 10 décembre, remportant les présidences des huit régions (cinq pour Direction dont la région de Bratislava, et celle de la deuxième ville du pays, Kosice, et trois pour le Mouvement pour une Slovaquie démocratique).

"Ces dernières années ont été une réussite pour la Slovaquie, notamment en matière de croissance et de compétition économique. La Slovaquie, qui n'est plus économiquement contrôlée par l'Etat, est un pays qui a réussi" a déclaré le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Appelant à la poursuite des réformes, il s'est positionné dans la ligne de l'actuelle coalition gouvernementale et à revers de la principale formation de l'opposition, Direction, qui se prononce en faveur d'une pause dans les réformes. Son leader, Robert Fico, a qualifié le discours de José Manuel Barroso "d'incroyable faux pas", expliquant que de tels propos étaient incorrects.

L'Organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE) a qualifié la législature de Mikulas Dzurinda de "parcours sans faute". "La Slovaquie a mis en œuvre simultanément une politique macroéconomique saine, une réforme complète de la fiscalité et de la protection sociale et de nouvelles réglementations visant les marchés des produits, des capitaux et du travail qui ont eu pour résultat d'accélérer la croissance au cours des cinq dernières années écoulées et d'amplifier le rythme de rattrapage du niveau de vie des pays les plus prospères" indique une étude publiée le 26 septembre 2005.

La Slovaquie est le seul pays en Europe à avoir mis en place, depuis le 1er janvier 2004, un impôt à taux unique de 19% pour la TVA, l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés. Conséquence : les investissements directs étrangers ont afflué vers ce pays d'Europe centrale dont l'attractivité auprès des entreprises internationales s'est renforcée. S'implantant dans le pays, ces dernières ont apporté nouvelles technologies et pratiques commerciales plus performantes qui ont permis d'importants gains de productivité.

Les enjeux des élections et la campagne électorale

Les problèmes sociaux figurent au cœur de la campagne électorale, notamment celui de la santé publique depuis que les personnels des hôpitaux se sont mis en grève en avril dernier pour réclamer une augmentation de 25% de leur salaire, ainsi qu'un accroissement des dépenses de l'Etat en faveur du secteur de la santé et un abandon du plan de privatisation des hôpitaux. Les salaires des personnels médicaux n'ont pas été augmentés depuis cinq ans et les professionnels de santé avaient déjà manifesté en septembre dernier à Bratislava pour demander des hausses de salaires et une amélioration de leurs conditions de travail. Mikulas Dzurinda et Robert Fico ont appelé à la fin du mouvement de grève, mais alors que le Premier ministre a renvoyé la responsabilité du montant des salaires sur les directeurs d'hôpitaux arguant du fait que l'Etat n'était pas décisionnaire sur cette question, le leader de la principale formation d'opposition a demandé aux personnels grévistes d'être patients, promettant, en cas de victoire de sa formation aux élections législatives du 17 juin prochain, un accroissement des dépenses de l'Etat en faveur de la santé. La coalition gouvernementale a reproché aux partis de l'opposition d'utiliser la mobilisation sociale pour leur propre campagne électorale.

Direction-Démocratie sociale (SMER-SD) a pris un nouveau nom après sa fusion en 2004 avec de plus petites formations se situant à gauche sur l'échiquier politique. Son leader, Robert Fico, se veut le porte-parole du peuple et notamment des plus pauvres (la moitié des familles du pays vivent avec moins de 9000 couronnes -242 euro- mensuels, chiffres du Bureau des statistiques d'avril 2006) et critique sans relâche les réformes mises en place par le gouvernement, notamment dans les secteurs de la santé et des impôts. Le parti dénonce la corruption et le clientélisme de la société. Il se prononce en faveur de profonds changements et d'une plus grande solidarité, notamment dans les secteurs de la santé, des retraites. "Retour à la dignité humaine, les premiers pas vers un Etat social", tel est le titre du document publié par le parti lors de son congrès national de mai 2005. Ce programme prévoit, entre autres, la fin des privatisations et la gratuité des études universitaires. De même, alors que son leader Robert Fico avait émis la possibilité de retarder au moins jusqu'à 2011 l'adoption de la monnaie unique en Slovaquie, il déclare qu'en cas de victoire de sa formation aux élections législatives, il veillera à ce que la politique de rigueur budgétaire soit préservée de façon à ne pas mettre en danger l'adoption de l'euro dès 2009.

La critique des réformes et des privatisations par le leader de Direction-Démocratie sociale a été mal perçue par les milieux financiers qu'effraie la perspective d'une pause dans les réformes. "Dans notre formation, personne n'est assez fou pour souhaiter mettre les finances publiques en danger" a répondu Robert Fico. Cependant, le parti, qui s'est longtemps prononcé pour une pause dans les réformes, a depuis peu modifié son discours et ne parle plus que de la nécessité de corriger les réformes déjà adoptées. Pour ne pas effrayer les milieux d'affaires, Robert Fico a promis que l'impôt unique à 19%, qu'il a longtemps qualifié "d'injustice", resterait en place alors qu'il s'était auparavant prononcé en faveur d'une baisse de celui-ci à 15% et de son augmentation à 25% pour certaines entreprises. La formation social-démocrate module son discours de façon à apparaître comme un partenaire fiable aux autres partis susceptibles de la rejoindre pour former le futur gouvernement. Ce qui fait dire à ce nombreux analystes politiques que l'actuelle coalition gouvernementale de Mikulas Dzurinda a non seulement réussi dans la politique de réformes mise en place mais en imposant son discours réformiste aux autres partis politiques.

Donnée gagnante par toutes les enquêtes d'opinion, Direction-Démocratie sociale devra encore trouver des partenaires avec lesquels former une coalition gouvernementale majoritaire et durable. Le Mouvement chrétien-démocrate et le Mouvement pour une Slovaquie démocratique apparaissent comme les deux formations avec lesquelles Direction-Démocratie sociale, qui n'envisage pas de négocier avec les formations extrémistes que sont le Parti communiste ou le Parti national, pourrait faire une coalition. Robert Fico peut toutefois se réjouir du fait que son principal adversaire au poste de Premier ministre, l'actuel Chef du gouvernement, Mikulas Dzurinda, ne dispose pas de partenaires fiables avec lesquels former un gouvernement en cas de victoire aux élections législatives. L'Union démocratique et chrétienne a récemment évoqué la possibilité de former une coalition gouvernementale avec le Mouvement pour une Slovaquie démocratique.

Formation arrivée en tête lors des dernières élections législatives des 20 et 21 septembre 2002, le Mouvement pour une Slovaquie démocratique (LU-HZDS, nouvelle appellation depuis le 14 juin 2003) dirigé par l'ancien homme fort du pays, Vladimir Meciar, reste un parti incontournable de la scène politique. L'ancien Premier ministre populiste, longtemps opposé à l'Union européenne, est devenu un Européen convaincu et se positionne au centre de l'échiquier politique. Treize membres du Conseil de la République, issus du Mouvement pour une Slovaquie démocratique, ont d'ailleurs quitté la formation pour exprimer leur désaccord avec les nouvelles positions de son leader. Celui-ci, candidat lors l'élection présidentielle des 3 et 17 avril 2004, battu au deuxième tour par Ivan Gasparovic (Mouvement pour la démocratie, HZD), avait recueilli 59,91% des suffrages, contre 40,09% pour Vladimir Meciar. Il est bien décidé à revenir au pouvoir. "Il ne sera pas possible de former un gouvernement sans le Mouvement pour une Slovaquie démocratique" a-t-il déclaré le 21 avril dernier. L'ancien Premier ministre a mis en garde contre les risques que Direction-Démocratie sociale faisait peser sur le pays avec ses promesses populistes. "Les promesses ne seront pas remplies et cela met également en danger les partenaires de Direction-Démocratie sociale au sein de la coalition gouvernementale. De plus, la formation n'est pas stable, un grand nombre de ses membres sont manipulés par les financiers et les chefs d'entreprise" a souligné Vladimir Meciar. Ses électeurs traditionnels pourraient cependant ne pas se retrouver dans la nouvelle ligne suivie par le leader de la formation.

A ce jour, seuls trois partis politiques ont présenté leur programme électoral : l'Union démocratique et chrétienne, le Parti national (SNS) et le Parti chrétien-démocrate. Cette dernière formation est favorable à une baisse du taux de l'impôt à taux unique de quatre ou cinq points et souhaite à réduire de 100 000 couronnes les taxes des couples mariés attendant un enfant. Le Parti national est partisan d'une baisse de la TVA sur la nourriture, les médicaments et les livres et s'engage à fournir des appartements gratuits aux couples attendant un enfant (55 000 bébés naissent chaque année en Slovaquie). Quant à l'Union démocratique et chrétienne, son programme, qui met l'accent sur l'importance de l'éducation et de la formation, est centré sur la continuité des réformes en cours. "Je pense que nous offrons un programme attractif à nos concitoyens : rattraper les pays les plus développés d'Europe" a déclaré le Premier ministre Mikulas Dzurinda lors de sa présentation de la plate-forme électorale de sa formation intitulée "Une Slovaquie qui réussit, tel est l'enjeu".

La participation pourrait, le 17 juin prochain, descendre au-dessous des 60%, voire des 50% d'électeurs pour certains analystes politiques. "La participation à ces élections législatives sera certainement la plus faible jamais enregistrée, la question étant de savoir si elle sera ou non supérieure à 50% puisque seulement 30% des Slovaques se disent certains de se rendre aux urnes" souligne le sociologue Pavel Haulik. Pour Olga Gyarfasova, sociologue à l'institut des affaires publiques (IVO), "les personnes qui ont voté après la fin du communisme dans le pays en 1989 sont déçues et ne croient pas qu'elles peuvent avoir une influence sur l'action des hommes politiques. Elles estiment également que les politiciens ne respectent pas leurs opinions". En effet, 40% des Slovaques se disent déçus de l'évolution de la vie politique dans les enquêtes d'opinion et 30% déclarent ne pas avoir confiance dans la politique. Les jeunes intéressent les partis politiques qui ne ménagent pas leurs efforts pour les intéresser aux prochaines élections. Environ 434 000 d'entre eux sont appelés aux urnes pour la première fois le 17 juin prochain. Selon les enquêtes d'opinion, leurs préférences politiques se portent majoritairement sur Direction-Démocratie sociale et Forum libre, formation créée le 8 décembre 2004 par des dissidents de l'Union démocratique et chrétienne et du Parti chrétien-démocrate. "L'indécision constitue la caractéristique principale de ces nouveaux électeurs" avertit cependant Olga Gyarfasova.

Une faible participation serait dommageable pour les deux principales formations du pays que sont l'Union démocratique et chrétienne et Direction-Démocratie sociale qui possèdent un électorat beaucoup moins stable que le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, le Mouvement chrétien-démocrate ou le Parti de la coalition hongroise. Selon les enquêtes d'opinion, à un mois du scrutin, à peine la moitié des sympathisants de ces deux formations (55%) se déclareraient prêts à se rendre aux urnes. Vladimir Meciar l'a très bien compris qui a récemment affirmé qu'en cas de forte abstention, sa formation, le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, pourrait sortir victorieuse de la bataille électorale. "Si la participation est en baisse, la mobilisation des électeurs peut faire toute la différence" a déclaré l'ancien Premier ministre.

Si la participation s'est élevée à 70,07% lors des élections législatives des 20 et 21 septembre 2002, la Slovaquie s'est distinguée en étant le pays le plus abstentionniste lors des élections européennes de juin 2004 (16,96% de participation). De même, seuls 18,02% des électeurs ont accompli leur devoir civique le 26 novembre 2005 lors du premier tour des élections régionales et 11,07% deux semaines plus tard au deuxième tour. Selon la dernière enquête d'opinion réalisée par l'institut TNS SK, 57% des Slovaques déclarent qu'ils iront voter le 17 juin prochain.

Selon la dernière enquête réalisée par l'institut Focus, Direction-Démocratie sociale devance largement ses adversaires, recueillant 32,6% des intentions de vote, contre 12,1% pour le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, 9,8% pour le Mouvement chrétien-démocrate, 9,3% pour le Parti de la coalition hongroise, 8,5% pour le Parti national et 8,1% pour l'Union démocratique et chrétienne. Enfin, le Forum libre et le Parti communiste devraient également passer le seuil des 5% de voix nécessaire pour être représentés au Conseil de la République avec tous deux 6,4% des suffrages. En revanche, l'Alliance du nouveau citoyen n'obtiendrait que 2,6% des voix.

Résultats des élections législatives des 20 et 21 septembre 2002 en Slovaquie

Participation : 70,07%

Source : National Statistics Institute

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