Résultats

Elections sénatoriales en République Tchèque, 25-26 octobre et 1-2 novembre 2002

Actualité

Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

-

25 octobre 2002
null

Versions disponibles :

FR

EN

Deloy Corinne

Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

Fondation Robert Schuman

Les élections sénatoriales ont lieu tous les deux ans en République tchèque.

Un tiers de la Chambre haute est alors renouvelé. Le premier scrutin sénatorial a eu lieu en 1996. Le tiers des sénateurs a été choisi par tirage au sort pour deux ans, le second tiers pour quatre ans et le dernier pour six ans. En 1998, un tiers des sénateurs a été renouvelé. A partir des prochaines élections, la durée du mandat sénatorial sera de six ans.

Pour cette élection, 27 sièges étaient à pourvoir.

Les élections sénatoriales ont peu mobilisé les électeurs tchèques, 24% d'entre eux seulement se sont déplacés pour le premier tour qui s'est déroulé les 25 et 26 octobre et 30% pour le second tour qui a eu lieu une semaine plus tard. Cent soixante-sept candidats (dont cent cinquante-six proposés par une formation politique et onze indépendants) se présentaient dans vingt-sept circonscriptions électorales.

Le Parti démocrate civique (ODS) est sorti vainqueur du scrutin, remportant neuf sièges, soit quatre de plus que dans la précédente Assemblée. Le Parti social-démocrate (CSSD) obtient quant à lui sept sièges, l'Union Chrétienne Démocrate (KDU) et l'Union de la Liberté (US) chacune respectivement un siège. Les neuf autres sièges ont été remportés par des candidats indépendants, non présentés par des partis politiques traditionnels.

En dépit du faible enthousiasme qu'elles ont suscité parmi les électeurs (selon les enquêtes d'opinion, la majorité des Tchèques jugent le Sénat superflu), ces élections sont particulièrement importantes, à trois mois de l'élection présidentielle en République tchèque (le deuxième mandat de Vaclav Havel, qui ne peut se représenter, expire le 2 février 2003).

Le Président du pays est en effet élu au suffrage indirect, par l'ensemble des membres de la Chambre des Députés et du Sénat. Or, le Parti social-démocrate, au pouvoir avec la Coalition centriste, ne dispose à la Chambre des Députés que d'une très courte majorité (un seul siège). Pour s'assurer de la majorité au Sénat, les formations de l'actuelle coalition gouvernementale se devaient de remporter seize des vingt-sept circonscriptions, elles ne sont finalement victorieuses que dans la moitié d'entre elles. Le succès du Parti démocrate civique apporte donc un nouvel éclairage au rapport de force entre les différents partis à la veille de l'élection du chef de l'Etat.

Pour l'heure, Vaclav Klaus, leader de l'ODS et Premier ministre de la République tchèque de 1993 à 1997, est le seul candidat déclaré à la succession de Vaclav Havel. Le chef de l'opposition abandonnera la présidence de son parti en décembre prochain pour se consacrer à sa campagne présidentielle.

Le Sénat tchèque est une « Chambre de réflexion » chargée principalement d'examiner les conditions dans lesquelles sont adoptées les lois par la Chambre des Députés. En octobre 2001, des sénateurs ont présenté un projet visant à l'extension des compétences du Sénat. Celui-ci prévoyait que les nominations du gouverneur de la Banque centrale et du président de la Cour constitutionnelle par le Président de la République soient soumises à l'accord préalable du Sénat. La Chambre haute se voyait également confiée l'exercice de l'intérim en cas de vacance de la Présidence de la République (la charge incombe actuellement au Premier ministre). Ce projet de réforme est pour l'instant resté lettre morte.

Parallèlement à ce scrutin sénatorial, les Tchèques votaient également les 1er et 2 novembre pour les élections municipales. Près de la moitié des électeurs se sont rendus aux urnes et ont plébiscité les candidats indépendants ainsi que les formations régionales et les petits partis qui ont obtenu ensemble environ 60% des suffrages. Parmi les formations parlementaires, le Parti démocrate civique (ODS) réalise là encore le meilleur résultat, obtenant 9% des voix et remportant la victoire à Prague et dans de nombreuses autres grandes villes.

Enfin, des élections régionales, les premières du genre, se tenaient dans la capitale Prague, région administrative indépendante. Les premières élections régionales se sont tenues dans l'ensemble du pays, à l'exception de la capitale, il y a deux ans.

Pour aller plus loin

Élections en Europe

 
2013-05-28-16-28-33.2244.jpg

Corinne Deloy

19 février 2024

Le 9 novembre dernier, le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, a dissous l'Assemblée de la République, chambre unique du Parlement, et annoncé la tenue d’&ea...

Élections en Europe

 
2013-05-28-16-24-16.5364.jpg

Corinne Deloy

12 février 2024

Alexander Stubb (Parti de la coalition nationale, KOK) a remporté l’élection présidentielle en Finlande. Il s’est imposé le 11 février au 2e tour de scru...

Élections en Europe

 
2013-05-28-16-24-16.5364.jpg

Corinne Deloy

29 janvier 2024

Alexander Stubb (Parti de la coalition nationale, KOK), est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle organisé le 28 janvier en Finlande. L&rs...

Élections en Europe

 
2013-05-28-16-24-16.5364.jpg

Corinne Deloy

15 janvier 2024

Le 28 janvier, pour le premier tour de l’élection présidentielle en Finlande, 9 personnes sont en lice. Si aucun candidat ne recueille plus de la moitié des suffrages, un se...

La Lettre
Schuman

L'actualité européenne de la semaine

Unique en son genre, avec ses 200 000 abonnées et ses éditions en 6 langues (français, anglais, allemand, espagnol, polonais et ukrainien), elle apporte jusqu'à vous, depuis 15 ans, un condensé de l'actualité européenne, plus nécessaire aujourd'hui que jamais

Versions :