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Election présidentielle en Géorgie

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Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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5 janvier 2008
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Deloy Corinne

Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

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Election présidentielle en Géorgie

PDF | 167 koEn français

Le 8 novembre dernier, le président de la République, Mikhail Saakachvili, annonçait une élection présidentielle anticipée pour le 5 janvier prochain. Cette décision intervenait après une semaine de crise politique grave pendant laquelle le pays a connu de nombreuses manifestations d'opposants réclamant la démission du Chef de l'Etat. Deux référendums seront organisés le même jour que l'élection. Le premier portera sur l'OTAN ; les Géorgiens devront répondre par "oui" ou par "non" à la question suivante : Soutenez-vous l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN ? Le second concernera les prochaines élections législatives et les électeurs se prononceront sur leur date : doivent-elles être organisées entre le 1er octobre et le 31 décembre 2008 comme le prévoit la loi électorale ou avoir lieu au printemps 2008 ?

Retour sur la crise géorgienne

La crise a débuté le 25 septembre dernier lorsque l'ancien ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili, a accusé, sur la chaîne de télévision Imedi, le président Saakachvili d'avoir cherché à faire assassiner Arkadi Patarlasischvili, propriétaire d'Imedi, et couvert les failles de l'enquête sur la mort de l'ancien Premier ministre (2004-2005) Zourab Jvania, par intoxication au monoxyde de carbone au domicile de l'un de ses amis, le vice-gouverneur de la région de Kvemo Kartli en février 2005. Deux jours plus tard, Irakli Okrouachvili est arrêté pour corruption. Inculpé, il est remis en liberté le 9 octobre contre une caution de 4 millions d'euro et la promesse de se retirer de la vie politique. Quelques jours plus tard, il revient sur ses précédentes déclarations affirmant que "certaines personnes" l'avaient incité à faire de telles déclarations. D'Allemagne où il est exilé depuis le 1er novembre, officiellement pour raisons médicales, l'ancien ministre de la Défense considéré comme un fugitif par la justice géorgienne, qui a fondé le parti Pour une Géorgie unie, a réitéré ses attaques qualifiant Mikhail Saakachvili de "dictateur" et de "personnage corrompu".

L'arrestation de Irakli Okrouachvili le 27 septembre avait déclenché une vague de colère et de contestation (10 000 personnes ont manifesté dans les rues de Tbilissi) qui, au fil du temps, s'est accru jusqu'à déboucher début novembre sur de considérables manifestations populaires.

Le 2 novembre, environ 60 000 personnes se sont rassemblées pour demander la démission du président de la République. Deux jours plus tard, le Chef de l'Etat est intervenu à la télévision pour tenter de calmer le jeu. Les autorités ont distribué des coupons de 180 laris (75 euro) aux populations les plus démunies pour lutter contre la hausse des prix alimentaires et de l'énergie. Le 5 novembre, la chaîne de télévision Imedi a diffusé un nouvel entretien avec Irakli Okrouachvili. Les manifestations se sont poursuivies et le 7 novembre, le rassemblement populaire a été sévèrement réprimé par les forces de l'ordre. Le Chef de l'Etat a déclaré l'état d'urgence pour une durée de 2 semaines. "C'était la décision la plus difficile à prendre. Chaque matraque frappant l'un de nos citoyens était aussi un coup porté contre moi. Mais il n'y avait pas d'alternative hormis le chaos et la confrontation civile" a déclaré Mikhail Saakachvili le 14 novembre. Le 8 novembre, les 2 chaînes de télévision Imedi et Kavkasia ne sont plus autorisées à émettre. Imedi, interdite d'antenne pour 3 mois, est accusée d'avoir appelé à un renversement du pouvoir. Le même jour, le président annonçait que l'élection présidentielle serait anticipée au 5 janvier, soit un peu moins d'un an avant la date prévue.

Le 15 novembre, l'état d'urgence est levé. Le lendemain, le Premier ministre Zourab Nogaïdeli, très impopulaire pour sa réforme de l'éducation qui a conduit au licenciement de nombreux professeurs, démissionne avec tout le gouvernement. Il est remplacé par Lado Gourguenidzé, 37 ans, président du groupe Banque de Géorgie. "Ma mission est d'établir un dialogue avec la société, de construire un consensus avec le peuple, de lui montrer que nous avons entendu son message. Ma priorité sera l'emploi" souligne le nouveau Chef du gouvernement. De son côté, Mikhail Saakachvili promet la distribution de bons de gaz et d'électricité pour l'hiver à venir et la multiplication par deux du minimum retraite (actuellement 38 laris, soit 15 euro) le 1er octobre 2008. Il a également annoncé que toutes les familles les plus démunies recevraient un colis à la fin de cette année. "Je veux que l'on puisse trouver du poulet, du pain, du fromage et du vin sur chaque table géorgienne pour le nouvel an" a-t-il déclaré.

Le lendemain, le procès d'Irakli Okrouachvili, suspecté d'extorsion de fonds, d'abus de confiance, de blanchissement d'argent et de négligence, s'est ouvert à Tbilissi en l'absence de l'accusé. Celui-ci a, depuis, été arrêté à Berlin le 26 novembre par Interpol. Selon la loi allemande, la Géorgie a 40 jours pour demander son extradition.

Les enjeux de l'élection présidentielle

"L'arrivée de Mikhail Saakachvili au pouvoir avait soulevé d'immenses espoirs. Des changements importants ont eu lieu, mais une partie de la population a l'impression de n'en avoir pas bénéficié. L'équipe de Mikhail Saakachvili était composée de jeunes gens énergiques et inexpérimentés. Ils ont agi très vite, mais se sont fait beaucoup d'ennemis. En grande partie à cause de leur style personnel, ils se sont aliénés l'opposition libérale, ce qui est très dommageable surtout dans un petit pays" déclare Alexander Rondeli, directeur de la Fondation d'études internationales et stratégiques de Tbilissi.

Elu à la tête du pays le 4 janvier 2004 avec 96,05% des suffrages après la révolution des roses (le 23 novembre 2003, Mikhail Saakachvili et les membres de son parti, le Mouvement national uni : NM-D, investissaient le Parlement une rose à la main interrompant le discours du président Edouard Chevardnadze et l'obligeant à fuir avec ses gardes du corps), Mikhail Saakachvili a occidentalisé la Géorgie. Libéralisant l'économie, il a réformé la police, la justice, l'université et les hôpitaux. Au nom de la lutte contre la corruption, l'armée et la police ont été démantelées. 1 600 policiers ont été licenciés et de nouveaux officiers ont été recrutés. De nombreux enseignants ont connu le même sort. Les hôpitaux ont été privatisés, la loi de privatisation prévoyant que chaque personne acquérant un établissement hospitalier s'engage à développer une branche de l'hôpital. Par ailleurs, le budget de l'Etat a été multiplié par six depuis 2004, une grande partie des investissements étant alloués à la Défense. Le président a développé une vaste politique de grands travaux, ce qui lui a d'ailleurs valu le surnom de Chadevran Pirveli (Fontaine premier), un grand nombre de fontaines ayant été construites dans le pays.

En 2007, la croissance du PIB s'élève à 14%, les investissements étrangers ont atteint 575 millions de dollars au cours du 1er trimestre 2007 et le volume des échanges commerciaux a cru, durant le 1er semestre 2007, de 37,1%. En matière d'investissements de l'étranger, la Géorgie, classée 112e en 2005, occupe désormais la 18e place du classement de la Banque mondiale, une première historique pour l'organisation internationale. Cependant, le chômage et l'inflation restent importants. Selon l'institut de stratégie et de développement (StanD), 32% de la population vit avec moins de 100 laris (42 euro) par mois et environ 30% des Géorgiens seraient sans emploi. Ce qui explique pourquoi la grande majorité des la population est plus préoccupée par l'amélioration de son niveau de vie que par les querelles institutionnelles.

Le pouvoir est aussi confronté au séparatisme de deux de ses provinces (l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud) et à la revendication autonomiste de la province de l'Adjarie et du Samtskhé-Javakhétie. L'Ossétie du Sud est officiellement rattachée à la Géorgie, mais possède son propre président, son gouvernement et son Parlement. Néanmoins, disposant de peu de moyens, elle est obligée de composer avec le pouvoir central (qui affirme contrôler 50% de son territoire et 40% de sa population) mais réclame toujours la constitution d'un Etat fédéral. 90% des Ossètes possèdent un passeport russe.

Intégrée à la République soviétique de Géorgie en 1921, l'Abkhazie est une République autonome dépendant de Tbilissi qui a proclamé son indépendance en août 1992 et l'a défendue lors d'un conflit qui a duré un an, fait plusieurs milliers de morts et entraîné l'exil de 200 000 Géorgiens. 2 000 soldats russes sont stationnés en Abkhazie. L'Ossétie du Sud et l'Abkhazie sont soutenues par la Russie dans leurs revendications sécessionnistes. Son président, Sergueï Bagapsh, a demandé aux habitants du district de Gali (peuplé majoritairement de Géorgiens) de ne pas participer à l'élection présidentielle.

Enfin, l'Adjarie est une République autonome qui dispose d'importantes ressources (l'Adjarie est la plus riche province du pays) dont elle ne restitue à Tbilissi qu'une infime partie. Les troupes russes de la 12e base militaire sont stationnées en Adjarie. La fermeture de la base est prévue pour 2009.

Enfin, la Géorgie entretient des relations difficiles avec son voisin russe. En septembre 2006, 4 officiers russes ont été accusés d'espionnage et interpellés en Géorgie, ce qui a provoqué une crise diplomatique entre Moscou et Tbilissi. La Russie a suspendu ses liaisons aériennes, terrestres et maritimes avec la Géorgie, mis en place un embargo sur le vin géorgien et expulsé, à son tour, des centaines de ressortissants géorgiens en novembre 2006.

Le 6 août 2007, un missile antiradar de type Kh-58 de fabrication russe a été tiré sur le sol géorgien sans faire de victime. Mikhail Saakachvili estime que les tensions entre les deux pays, comme les différents incidents qui émaillent leurs relations, rendent nécessaire l'intégration rapide de la Géorgie dans l'OTAN. Le pays espère accéder au plan d'action pour l'adhésion (MAP) dès le prochain sommet de l'Alliance atlantique à Bucarest en avril 2008. Le 8 novembre dernier, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a cependant critiqué la gestion de la crise politique de novembre par le gouvernement géorgien, l'imposition de l'état d'urgence et la fermeture de deux chaînes de télévision. "Aujourd'hui, admettre la Géorgie dans le plan d'action pour l'adhésion est irréaliste" affirme Giga Burduli, ancien représentant de la Géorgie à l'Organisation pour la sécurité et le développement en Europe (OSCE).

"La Géorgie fait face à des troubles et des hauts responsables des services spéciaux russes sont impliqués. Certains d'entre eux sont en Géorgie, d'autres à Moscou" déclarait le président Saakachvili le 7 novembre dernier. Moscou cependant aurait tort de se réjouir des difficultés actuelles de Mikhail Saakachvili, les autres prétendants au poste de Chef de l'Etat n'étant guère plus russophiles que le Président sortant.

La campagne de l'élection présidentielle

Une coalition de l'opposition, regroupant 9 partis politiques hétéroclites allant des nationalistes à l'extrême gauche, s'est formée en septembre 2007. Son objectif est de voir Mikhail Saakachvili quitter le pouvoir. Elle est favorable à l'abolition du régime présidentiel et à la mise en place d'un système parlementaire, à la réforme de la Commission électorale afin que l'opposition y soit représentée au même titre que les partis au pouvoir (6 membres chacun) et à l'abandon du scrutin uninominal à un tour pour les élections législatives. Elle demande la réouverture immédiate de la chaîne de télévision Imedi. Environ 30 000 personnes ont manifesté le 25 novembre dernier à Tbilissi en faveur de cette mesure.

Une partie des Géorgiens hostiles au régime présidentiel songent à rétablir la monarchie. Ainsi, Ilia II, leader de l'église orthodoxe géorgienne, a proposé d'instaurer une monarchie constitutionnelle pour résoudre les crises politiques récurrentes. La famille royale de Géorgie, les Bagrationi, a régné du XIe au XIXe siècles (1801). Le règne de David IV (1089-1125) et celui de son arrière petite-fille, Tamar (1184-1213) ont constitué l'âge d'or du pays. De nombreuses branches de la famille ont survécu. Les héritiers les plus probables seraient Jorge de Bagratin, 63 ans, qui vit en Espagne ou, selon l'historien de la famille royale Raul Chagunava, Nuzgar Bagrationi-Gruzinski, directeur du théâtre Tumanshivili de Tbilissi.

Ancien directeur de campagne de Mikhail Saakachvili, Levan Gatchetchiladze est le candidat désigné, le 12 novembre dernier, par la coalition de l'opposition pour l'élection présidentielle. Il forme un "ticket" avec Salomé Zourabichvili, ancienne ministre des Affaires étrangères de mars 2004 à octobre 2005 et leader de la Voie de la Géorgie. Française d'origine géorgienne, elle a débuté sa carrière au ministère français des Affaires étrangères avant de rejoindre la Géorgie en 2003, d'abord comme ambassadeur de France, puis comme ministre.

Agé de 43 ans, Levan Gatchetchiladze, mathématicien, député de Nouvelle droite (AM), a d'abord travaillé dans le vin. En 1994, il a racheté à Telavi (ville de la région de Kakhétie), en association avec la société Pernod Ricard, une entreprise qu'il a rebaptisée Georgian Wines and Spirits (GWS). Il en a démissionné en 1999 pour entamer une carrière politique. Elu député, il est l'un des fondateurs du parti Nouvelle droite qui soutiendra la révolution des roses en 2003. Réélu en 2004, Levan Gatchetchiladze choisit alors de siéger en indépendant et non dans le Mouvement national de Mikhail Saakachvili. Il détient toujours 9% des parts de Georgian Wines and Spirits, qui a vu ses ventes chuter de 60% depuis l'embargo de la Russie sur les vins géorgiens.

"Nous n'avons pas de programme et nous ne comptons pas en avoir. Mikhail Saakachvili a lui-même mis fin à la légitimité de son mandat le 7 novembre dernier en refusant d'entendre les demandes légitimes de la population. Si nous sommes élus, nous ne serons qu'un gouvernement de transition qui mènera la Géorgie jusqu'aux législatives d'avril 2008. Notre objectif est d'en finir avec le régime présidentiel et de rétablir un système parlementaire" déclare Salomé Zourabichvili. Levan Gatchetchiladze est favorable à un rapprochement de la Géorgie avec l'OTAN et l'Union européenne. Sur le plan intérieur, sa priorité va à la réforme du système judiciaire et à la fin de la violence. Salomé Zourabichvili défend l'idée d'un retour à la Constitution de 1921 qui faisait de la Géorgie une République parlementaire. "Levan Gatchetchiladze est un homme d'affaires intègre. Il est connu et respecté en Géorgie. Je lui apporte ma popularité et mes contacts à l'étranger" indique t-elle.

"Ce n'est pas une élection ordinaire, c'est la continuation de notre combat contre l'injustice, la violence et l'institution présidentielle" déclare Levan Gatchetchiladze. Actuellement sans parti et sans affiliation politique, il promet de démissionner dès que la Géorgie sera redevenue une démocratie parlementaire. "Nous nous battrons contre l'autoritarisme et je suis prêt à me retirer de la vie politique quand ce but sera atteint" indique t-il. "Le régime de Mikhail Saakachvili a évolué vers un système autoritaire et néo-bolchevique. Les prochaines élections doivent entériner sa fin après sa perte de légitimité démocratique. Nous avons le peuple derrière nous alors que Mikhail Saakachvili n'a que l'appareil d'Etat" souligne Salomé Zourabichvili.

Levan Gatchetchiladze demande expressément que la chaîne de télévision Imedi soit de nouveau autorisée à émettre. "La chose la plus importante est qu'Imedi reprenne. Sans cela, les élections ne peuvent être démocratiques". Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères, et dont le pays dirige actuellement l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a demandé la réouverture de la chaîne : "Nous demandons au gouvernement géorgien de consolider la démocratie dans le pays et de rendre leurs licences aux médias, y compris à la chaîne Imedi". Le représentant de l'Union européenne dans le Caucase du Sud, Peter Semneby, a visité les locaux de la chaîne le 10 novembre. Comme l'état d'urgence, la censure et la restriction du droit de grève, de réunion ou de manifestation sont évidemment incompatibles avec le bon déroulement d'une campagne électorale.

3 partis d'opposition -Nouvelle droite (AM), l'Industrie sauvera la Géorgie (MGS) et le Parti national-démocrate (EDP)- se sont alliés (le MGS, dirigé par Gogi Topadzé, et AM ont déjà été partenaires lors des élections législatives du 2 novembre 2003) et soutiennent la candidature de Davit Gamqrelidze, leader de Nouvelle droite. "Notre but est de rassembler des formations de droite qui partagent une vision commune de ce que doit être l'Etat, c'est-à-dire une monarchie constitutionnelle fondée sur la morale chrétienne" affirme Bachuki Kardava, président de l'EDP. Davit Gamqrelidze, dont le slogan de campagne sera "Nous avons confiance en Dieu et celui-ci nous donne la force", a fait de l'orthodoxie, des valeurs européennes, du renforcement de la classe moyenne et de l'accession à l'OTAN ses priorités. En cas de victoire, il organisera un référendum en avril 2008 sur le système politique, proposant aux électeurs de choisir entre une monarchie ou une république parlementaires. Il se déclare partisan d'un retour à la monarchie.

Arkadi Patarlasischvili, propriétaire de la chaîne Imedi, a décidé de se porter candidat à l'élection présidentielle du 5 janvier. L'homme d'affaires, considéré comme le plus riche du pays, a, par précaution, confié les parts qu'il détient dans Imedi au conglomérat de Rupert Murdoch, News Corp. Il a choisi pour slogan "Une Géorgie sans Mikhail Saakachvili est une Géorgie sans terreur", une phrase qui fait écho au slogan de l'actuel Président en 2003 "Une Géorgie sans Edouard Chevardnadze".

La fonction présidentielle

Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Il a le pouvoir de nommer le Premier ministre. Il peut dissoudre le gouvernement, le Parlement si celui-ci refuse de nommer le Premier ministre qu'il a désigné et démettre de leurs fonctions les ministres de l'Intérieur, de la Défense et de la Sécurité de l'Etat. Il négocie les traités internationaux, accrédite les ambassadeurs. Il peut déclarer la loi martiale et l'état d'urgence. Il préside le Haut Conseil de la justice.

Les candidats à l'élection présidentielle doivent faire acte de candidature 40 jours avant le scrutin. Ils doivent être âgés d'au moins 35 ans et recueillir au moins 50 000 signatures de soutien. La loi électorale exige, en outre, une participation minimum de 50% des inscrits pour que l'élection présidentielle soit valide.

22 personnes sont candidates à la fonction présidentielle :

- Mikhail Saakachvili, actuel Chef de l'Etat ;

- Levan Gatchetchiladze, candidat de la coalition de l'opposition ;

- Davit Gamqrelidze, soutenu par Nouvelle droite, l'Industrie sauvera la Géorgie et le Parti national-démocrate ;

- Shalva Natelashvili, leader du parti travailliste (SLP) fondé en 1996,;

- Arkadi Patarlasischvili, propriétaire de la chaîne de télévision Imedi ;

- Giorgi Maisashvili, économiste et leader du Parti pour l'avenir de la Géorgie ;

- Irina Sariashvili-Chanturia, leader de En avant la Géorgie ! ;

- Giorgi Gachechiladze, leader du Parti vert ;

- Teimuraz Shashiashvili, ancien gouverneur de la province d'Imereti ;

- Tamaz Bibiluri ;

- Levan Kidzinidze ;

- Giorgi Sharvashidze ;

- Shalva Kuprashvili ;

- Shalva Tsertsvadze ;

- Giorgi Qorghanashvili ;

- Kartlos Gharibashvili ;

- Fazil Aliev ;

- Avtandil Margiani ;

- Archil Ioseliani.

- Giorgi Gakhokidze

- Gia Chkhikvadze

- Avtandil Pilauri

Même s'il l'avait souhaité, l'ancien ministre de la Défense Irakli Okrouachvili n'aurait pu se présenter à l'élection faute d'avoir atteint, à cette date, l'âge requis de 35 ans.

Obligé par la Constitution de démissionner 45 jours avant la fin de son mandat, Mikhail Saakachvili a quitté ses fonctions le 25 novembre dernier. "Les 40 jours à venir sont très importants. Nous gagnerons cette élection et je suis sûr que le 5 janvier sera une grande victoire et, dans l'histoire de la Géorgie, le début d'un nouvel élan" a t-il déclaré. Il s'est fixé 3 priorités : "sortir les Géorgiens de la pauvreté, restaurer l'intégrité territoriale du pays et achever l'intégration de la Géorgie dans l'Union européenne". Ce même jour, environ 40000 personnes s'étaient rassemblées à Tbilissi pour la première fois depuis les manifestations de novembre. "Liberté pour la presse !", "Souvenez vous du 7 novembre!" pouvait-on lire sur leurs pancartes. "Le but de cette manifestation est de protester contre la poursuite de la terreur politique en dépit des assurances du président. Nous demandons également la liberté de la presse, étant donné qu'à ce jour, Imedi n'a pas été rétablie" a déclaré Levan Berdjenichvili, membre du Parti républicain, qui a affirmé : "Mikhail Saakachvili n'a pas démissionné de son plein gré. Il a démissionné à cause de votre volonté. Il ne reviendra jamais au pouvoir, il n'y a pas de place pour lui en Géorgie".

Comme le prévoit la Constitution, l'intérim sera assuré par la présidente du Parlement, Nino Bourdjanadzé.

De l'avis de nombreux observateurs politiques, les chances de voir le président sortant battu le 5 janvier prochain sont minces. "L'opposition n'a pas de leader aussi charismatique que Mikhail Saakachvili. Je ne le vois pas perdre l'élection présidentielle" souligne Gia Nodia, directeur du Centre du Caucase pour la paix, la démocratie et le développement. "Levan Gachechildadze s'apprête à livrer une bataille difficile en affrontant Mikhail Saakachvili. S'il est entré en politique depuis presque 10 ans et est actuellement député, il manque d'expérience" confirme le politologue Khatuna Lagazidze. Enfin, l'analyse politique Soso Tsintsadze déclare : "Je pense que l'opposition échouera parce qu'elle est divisée et que ses leaders n'ont pas su mettre leurs ambitions personnelles de côté et s'allier autour d'un candidat unique".

En octobre, soit avant les manifestations de novembre, Mikhail Saakachvili recueillait environ 60% d'opinions positives.

Aucun candidat ne devrait recueillir 80% des suffrages et, pour la première fois, le pays connaîtra une véritable compétition politique.

Résultats de l'élection présidentielle du 4 janvier 2004 en Géorgie

Source : site Internet de la Commission électorale centrale de Géorgie :http://www.archive.cec.gov.ge/2004/oldnewseng.HTML#1

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