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Italie - Législatives et sénatoriales

Elections législatives et sénatoriales en Italie,
Le point à une semaine du scrutin

Elections législatives et sénatoriales en Italie,
Le point à une semaine du scrutin

04/04/2008 - J-7

Les Italiens sont appelés aux urnes pour des élections législatives et sénatoriales anticipées les 13 et 14 avril prochains. Ce scrutin fait suite à la démission, le 24 janvier dernier, du gouvernement dirigé par le Président du conseil, Romano Prodi, après que le Sénat a refusé de lui renouveler sa confiance (par 156 voix contre 161). Les tentatives du Président de la République, Giorgio Napolitano, de former un gouvernement intérimaire chargé de modifier la loi électorale ayant échouées, le Chef de l'Etat a été contraint de convoquer des élections anticipées.
Des élections locales partielles, initialement prévues pour juin prochain, se dérouleront les mêmes jours que le scrutin parlementaire.

Clemente Mastella (Union des démocrates pour l'Europe, Udeur), ancien ministre de la Justice, qui est à l'origine de la démission du gouvernement de Romano Prodi, a été la première victime des élections des 13 et 14 avril. Isolé, son parti a renoncé à se présenter. Le choix des deux principaux partis, le Parti démocrate (PD) dirigé par Walter Veltroni et le Parti du peuple pour les libertés (PdL) conduit par Silvio Berlusconi, de se présenter seuls devant les électeurs rend la tâche difficile aux petits partis qui doivent absolument recueillir au moins 4% des suffrages exprimés pour être représenté au Parlement.

Outre les deux partis (PD et PdL), près d'une centaine de partis seront en lice les 13 et 14 avril prochains. Parmi eux, citons :
- à gauche, la Gauche arc-en-ciel (Sinistra arcobaleno) emmenée par l'actuel président de la Chambre des députés, Fausto Bertinotti, qui regroupe 4 partis : Refondation communiste (RC), le Parti des communistes (PdCI), les Verts et la Gauche démocratique ; et le Parti socialiste conduit par Enrico Boselli ;
- au centre, l'Union des démocrates-chrétiens et du centre (UDC) dirigée par Pier Ferdinando Casini qui a refusé de s'allier avec Silvio Berlusconi ;
- à droite, La Droite emmenée par Daniela Santanche.
Comme souvent en Italie, de nombreuses petites listes utiliseront les élections pour faire entendre leurs revendications. Ainsi, la liste "Pas de déchet en Campanie" veut mettre en avant l'épineux et récurrent problème des déchets qui s'entassent depuis des mois à Naples. On trouve aussi certaines candidatures loufoques comme celles du Saint-Empire romain catholique et libéral, du Mouvement national des dauphins ou de la liste "Je ne vote pas".
Autre conséquence de ce début de rénovation de la scène politique italienne, les listes des principaux partis présentent un nombre élevé de candidats issus de la société civile et de femmes. Elles représentent près de 50% des listes du PD et un tiers de celles du PdL. Les candidats sont plus jeunes que lors des précédents scrutins : la moyenne d'âge est de 44,5 ans pour le parti de Walter Veltroni et de 48 ans pour celui de Silvio Berlusconi.

Enfin, autre fait inhabituel, la candidature d'Emmanuel-Philibert, fils de Victor-Emmanuel de Savoie, prince de Naples et fils du dernier roi d'Italie, Umberto II, qui se présentera aux élections législatives sur la liste "Valeurs et avenir" qu'il qualifie de "mouvement d'opinion qui défend les valeurs régionales, la culture, la famille et les racines chrétiennes". "Je vote habituellement au centre droit. Si je suis élu, je serai donc proche des représentants du centre droit que ceux-ci soient ou non victorieux ". La famille royale italienne a, durant 57 ans, été bannie d'Italie par la République en raison du soutien du roi Victor-Emmanuel III (grand-père de l'actuel prince) au régime fasciste de Benito Mussolini. Le 10 novembre 2002, un vote du Parlement l'autorisait à revenir dans son pays. La famille royale avait soutenu Silvio Berlusconi aux élections des 9 et 10 avril 2006. "Nous soutiendrons sans l'ombre d'un doute la campagne de Silvio Berlusconi. C'est un homme que j'estime et c'est seulement grâce à sa ténacité que moi et mon fils avons pu faire notre retour en Italie" avait déclaré Victor-Emmanuel. Autre représentante de la noblesse à briguer un siège, au Sénat sur la liste UDC, la princesse romaine Alessandra Borghese, issue de l'une des plus vieilles familles d'Italie.

L'Eglise catholique et les patrons sont montés au créneau pour désapprouver le système de listes bloquées en vigueur depuis la réforme électorale du 14 décembre 2005 aux élections législatives et sénatoriales et ont regretté que l'électeur ne soit plus autorisé à exprimer sa préférence. Ce système conduit à un "pouvoir oligarchique de fait" selon Giuseppe Betori, secrétaire général de la Conférence épiscopale, qui souhaite une réforme de la loi électorale pour "redonner un peu de démocratie" à l'Italie. Le président de la Confindustria (patronat), Luca di Montezzmolo, a exprimé une opinion similaire. Le patronat italien et la Conférence épiscopale s'étaient déjà tous deux opposés en janvier dernier à l'organisation d'élections anticipées. Selon une étude réalisée par l'université Luiss de Rome, le système des listes électorales bloquées favorise la loyauté au chef plutôt que le mérite, privilégie les hommes d'appareil et ralentit le renouvellement de la classe politique. Ainsi, 130 parlementaires sont d'ores et déjà assurés d'être élus les 13 et 14 avril prochains.

Apparemment confiant dans sa victoire, Silvio Berlusconi mène campagne tambour battant même si l'on note désormais une certaine retenue dans ses propos. Ainsi, le Cavaliere n'a pas hésité à parler de son "angoisse de gouverner dans ces conditions", affirmant souhaiter "aller au gouvernement avec beaucoup d'humilité". Le leader du PdL a toutefois conservé son incroyable faculté à s'adresser au peuple. A une jeune femme qui lui demandait comment elle pouvait espérer fonder une famille avec le faible salaire qu'elle perçoit et l'absence de sécurité de l'emploi, il a répondu : "comme père, je vous conseille d'épouser le fils de Silvio Berlusconi ou de quelqu'un de similaire. Avec le sourire que vous avez, vous n'aurez aucun problème". Si de nombreux commentateurs ont été choqués par cette réponse, la jeune femme, Perla Pavoncello, n'en a pas été offensée et a même déclaré qu'elle voterait pour le Cavaliere avant que l'on ne la retrouve finalement sur la liste des candidats du PdL pour les élections municipales à Rome ! Appelant ses partisans à aller convaincre les électeurs un à un, Silvio Berlusconi a déclaré : "Allez parler à votre curé, à votre pharmacien J'ai moi-même d'excellentes relations avec les pharmaciens, et pas parce que j'achète du Viagra". Ce genre de propos, s'ils enragent ses opposants et une partie des Italiens, séduit une partie non négligeable de l'électorat. "Ne perdez pas votre temps à examiner le programme de la gauche parce que lorsque la gauche arrive au pouvoir, voilà ce que devient son programme" a-t-il indiqué déchirant des feuilles de papier et jetant les morceaux à tout vent.

Selon Marc Lazar, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, la grande force de Berlusconi est de s'adresser directement aux électeurs. Deux types lui sont acquis : les chefs de petites et moyennes entreprises, notamment du Nord du pays, les professions libérales, les commerçants et les artisans à qui il promet une réduction de leurs taxes et la liberté d'entreprendre et qui apprécient les valeurs d'individualisme, d'argent et de travail qu'il met en avant ; et les laissés pour compte de la société, i.e. les personnes âgées, les Italiens peu diplômés et peu politisés auxquels il promet sécurité et protection.
Interpellé sur la présence sur ses listes de Giuseppe Ciarrapico, un homme de 74 ans qui parle avec fierté de son passé fasciste, Berlusconi a répondu "il ne compte pour rien, il n'est qu'un candidat parmi d'autres". "Au Parlement, il y a 30 personnes qui travaillent vraiment ; tous les autres ont juste besoin d'être là et d'être loyaux" n'hésite-t-il pas à affirmer.

L'actuel vice-président de la Chambre des députés et ancien ministre de l'Economie (1995-1996 et 2001-2004), Giulio Tremonti, a publié un livre "La peur et l'espoir" qui a surpris les analystes politiques par sa dénonciation du libéralisme, un courant de pensée dont il était jusqu'alors l'un des plus ardents défenseurs. Dans cet ouvrage, il voit la crise économique et financière actuelle comme le fruit des excès de la mondialisation. "Le marché, l'idéologie totalitaire inventée pour gouverner le XXIe siècle ont diabolisé l'Etat et presque tout ce qui était public ou communautaire et mis le marché souverain en position de dominer tout le reste. Maintenant on ne peut plus dire que c'était la ligne juste, la seule ligne" écrit-il.
De son côté, l'ancien ministre de la Défense (2001-2006), Antonio Martino, admirateur de la politique étrangère américaine, a déclaré qu'il souhaitait envoyer des troupes italiennes en Irak (celles-ci ont quitté le pays depuis 2 ans) et réduire le rôle de l'Italie au Liban (le pays est leader de la mission de paix dans ce pays). "Je réduirai drastiquement notre présence au Liban, voire je l'annulerai, et j'enverrai les troupes en Afghanistan et en Irak, là où l'on a besoin d'elles" a-t-il souligné espérant retrouver son poste au ministère de la Défense mais qui, contrairement à Giulio Tremonti que le Cavaliere a déclaré souhaiter nommer à l'Economie, n'en est pas assuré.
Le vice-président de la Commission européenne en charge de la sécurité et de la justice Franco Frattini, ancien ministre des Affaires étrangères (2002-2004), s'est mis en congé de la Commission le 7 mars dernier afin de participer à la campagne électorale. Il pourrait être de nouveau nommé à la tête de la diplomatie italienne en cas de victoire du PdL.

Le 1er avril, Silvio Berlusconi et Walter Veltroni se sont affrontés à distance lors d'un duel télévisé sur la RAI. Le Cavaliere a dressé un bilan redoutable de l'action du gouvernement de Romano Prodi : croissance du PIB la plus faible d'Europe, inflation au plus haut depuis 1996, pression fiscale forte, bref un pays en panne. Il a déclaré qu'il ne pratiquerait pas d'amnistie fiscale comme il l'avait fait lors de sa Présidence du Conseil (2001-2006), et qu'il accorderait la liberté à la lutte contre la fraude fiscale ; enfin, il a promis de supprimer les impôts locaux.
Allié de Silvio Berlusconi, Gianfranco Fini, leader d'Alliance nationale (AN), parle de Walter Veltroni comme du successeur de Romano Prodi. "Walter Veltroni souffre d'amnésie. Il parle comme s'il était dans l'opposition et il le fait parce qu'il est conscient de l'échec du gouvernement de centre gauche". Il accuse le Parti démocrate de ne pas avoir la capacité de répondre aux principaux enjeux auxquels l'Italie doit faire face. "Le Parti démocrate n'a pas les instruments nécessaires dont nous avons besoin pour gérer la question de l'immigration ou celle de la lutte contre la drogue. Nos opposants politiques disent que les immigrés qui viennent d'autres pays que l'Union européenne constituent une ressource pour notre pays mais plus personne ne peut penser que nos frontières doivent rester ouvertes. Ceux qui ont un travail devraient être autorisés à venir en Italie mais pas ceux qui cherchent du travail" a t-il affirmé.

Fin mars, le procès pour corruption dans lequel Silvio Berlusconi était appelé à comparaître a été repoussé à une date ultérieure au scrutin. L'ancien Président du Conseil est soupçonné de fraude fiscale dans le rachat de droits cinématographiques par son groupe audiovisuel Mediaset (gonflement artificiel des prix via des sociétés intermédiaires résidant dans des paradis fiscaux). Le parquet de Milan soupçonne l'avocat d'affaires britannique David Mills, ancien époux de la secrétaire d'État britannique, Tessa Jowell, impliqué dans la création de sociétés offshore et l'ouverture de comptes bancaires dans des paradis fiscaux pour le compte de la Fininvest, holding de Silvio Berlusconi, d'avoir reçu, en 1997, plus de 500 000 euro de la Fininvest en échange de faux témoignages en faveur de Silvio Berlusconi lors de deux procès à la fin des années 1990. Sommé par le fisc britannique de justifier la provenance de cette somme, qui aurait servi au couple à rembourser un prêt immobilier qu'ils avaient contracté, David Mills aurait confié qu'il s'agissait "d'un cadeau" en échange de ses témoignages bienveillants avant de se rétracter. David Mills et Silvio Berlusconi affirment tous deux que cette somme ne provenait pas de la Fininvest.

Walter Veltroni poursuit son tour d'Italie à bord d'un autobus. Il devrait parcourir au total 12 000 kilomètres et visiter les 110 provinces du pays. Il s'arrête chaque soir dîner avec une famille. Le cinéaste Ettore Scola, qui travaillait avec le père du leader de la gauche, Vittorio Veltroni, à la radio et le connaît depuis sa naissance, réalise un documentaire sur ce tour d'Italie.
Walter Veltroni a ironisé sur le slogan de Silvio Berlusconi "La gauche a mis l'Italie sur les genoux, Italie relève toi". "Les gens n'ont pas besoin de politiques qui leur disent de se lever. Ils se lèvent tous les jours, pour travailler, pour s'occuper de leurs enfants. L'Italie est sur ses pieds" a-t-il déclaré. Le leader démocrate, dont le slogan s'inspire de celui de Barack Obama, candidat démocrate aux Etats-Unis : "Oui, nous pouvons le faire", semble confiant dans sa victoire. "Deux choses sont sûres. Même si Silvio Berlusconi gagne, il est désormais un perdant. Et moi, même si je perds, je suis un gagnant" a-t-il déclaré. Son refus de toute alliance avec l'extrême gauche, inhabituelle en Italie, est une première étape sur le chemin de la rénovation de la vie politique de la péninsule. "Il faut combattre la pauvreté, pas la richesse" déclare celui qui juge la lutte des classes "dépassée" et qui souhaite se faire une véritable place sur l'échiquier politique. "Je ne sais pas quel parti je trouverai à l'arrivée mais ce dont je suis sûr, c'est que ce sera le parti dont je rêvais" a-t-il affirmé. Autre originalité du leader démocrate, celui-ci ne se positionne jamais par rapport à son adversaire Silvio Berlusconi dont il évite soigneusement de citer le nom alors que l'anti-berlusconisme a longtemps constitué le lien qui unissait la gauche italienne.

Walter Veltroni promet, en cas de victoire, de s'occuper en priorité des citoyens vivant dans la précarité. Il décrit la société italienne comme riche d'entrepreneurs talentueux et de travailleurs courageux, mais bloquée depuis de nombreuses années par son système politique. "Nous avons un gouvernement intrusif, qui s'implique dans tous les rouages de l'économie. Le déclin de l'Italie témoigne de ce problème" a-t-il déclaré. Lors du "débat" télévisé du 1er avril, le leader du Parti démocrate a déclaré qu'il souhaitait consacrer 4 milliards d'euro pour aider les familles. Il a proposé un projet de revalorisation des retraites. Celui-ci prévoit dès le 1er juillet prochain, en cas de victoire du PD, un abattement fiscal de 400 euro pour les retraités percevant jusqu'à 25 000 euro de revenus annuels et de 250 euro ceux disposant de revenus oscillant entre 25 000 et 55 000 euro. Il a suggéré de lier par la suite l'augmentation des retraites au nouvel indice que l'institut italien de la statistique, Istat, est en train de mettre en place et proposé que ce système serve de base aux prochaines revalorisations salariales si les syndicats en sont d'accord. Le projet de Walter Veltroni a été estimé à 2,5 milliards d'euro pour la première année et à 1,5 milliard pour la deuxième.

Walter Veltroni a comparé Silvio Berlusconi à Achille Lauro, ancien maire de Naples particulièrement corrompu. Il l'accuse d'être responsable des maux dont souffre la Sicile, une région acquise au Cavaliere et où les hommes politiques sont très proches de la Mafia. Deux alliés de Silvio Berlusconi, Salvatore Cuffaro (UDC), ancien gouverneur de la région (condamné le 26 janvier dernier à 5 ans de prison pour avoir révélé à des chefs de la Mafia qu'ils étaient espionnés dans le cadre d'une enquête judiciaire) et Marcello Dell'Utri, co-fondateur de Forza Italia, ancien parti de Silvio Berlusconi et dirigeant de Publitalia, société publicitaire appartenant au Cavaliere, sont en course pour un siège au Sénat.

Le PdL devance toujours le PD dans les enquêtes d'opinion. Le dernier sondage réalisé par l'institut DemosII et publié par le quotidien La Repubblica crédite la coalition de Silvio Berlusconi (PdL-Alliance nationale et Ligue du Nord) de 45,7% des suffrages, contre 39,1% pour celle de Walter Veltroni. La Gauche arc-en-ciel (Sinistra arcobaleno) recueillerait 6% des voix, l'UDC 5,8% et La Droite 2,5%.

Si, à une semaine du scrutin, le parti du Cavaliere semble bien parti pour s'imposer à la majorité à la Chambre des députés et donc pour remporter la prime qui lui assurerait le plus grand nombre de sièges, les choses sont plus incertaines concernant le Sénat où l'obtention d'une majorité est rendue plus difficile. En effet, dans la Chambre haute, tout parti doit, pour s'imposer, recueillir le plus grand nombre de suffrages au sein d'une majorité de régions. Or Renato Mannheimer, professeur de sociologie à l'université Bicocca de Milan, a souligné dans un article publié le 28 mars dernier dans le Corriere della Sera qu'aucune majorité claire ne se dégageait dans 5 des 20 régions italiennes. Selon l'article 55 de la Constitution, les 2 Chambres possèdent des pouvoirs identiques, l'Italie connaît donc un bicamérisme parfaitement égalitaire ; il est donc indispensable à tout parti d'obtenir la majorité dans les 2 Chambres pour pouvoir gouverner.

Silvio Berlusconi a plusieurs fois appelé à ses partisans la nécessité de "voter utile". "Voter pour les petits partis, c'est favoriser Walter Veltroni" a-t-il répété. De son côté, Walter Veltroni a souligné "Quiconque gagne, même d'une seule voix, doit gouverner". L'UDC pourrait bien jouer un rôle important aux élections sénatoriales. Le parti de Pier Ferdinando Casini, qui a remporté 21 sièges en 2006, table sur 15 sénateurs. "Il y a 15 ans, l'UDC était laminée mais aujourd'hui, elle pourrait bien s'imposer comme faiseur de roi" a déclaré le professeur de sciences sociales de l'université Luiss de Rome, Dario Antiseri. L'UDC espère attirer un grand nombre de catholiques, quelque peu désorientés depuis la disparition de la Démocratie chrétienne. Pier Ferdinando Casini tente de récupérer les suffrages des catholiques de droite choqués par l'allégeance fasciste de certains alliés de Berlusconi. Il a déclaré que "le Cavaliere avait empiré", qu'il était "non en évolution mais en régression" et que sa victoire ferait perdre 5 ans à l'Italie. Il espère aussi le soutien des catholiques de gauche qui n'apprécient pas le passé communiste et anti-clérical des proches de Veltroni.
Une enquête d'opinion réalisé par l'institut DemosII et publiée par le journal La Reppublica montre que 45% des catholiques s'apprêtent à voter en faveur du PdL de Silvio Berlusconi et 38% pour le PD de Walter Veltroni. 3 électeurs sur 10 (30%) se disent encore indécis.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
Les auteurs
Corinne Deloy
Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman
Fondation Robert Schuman
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