Observatoire des Élections en Europe

Open panel Open panel
Observatoire des Élections en Europe
Macédoine - Présidentielle

Election présidentielle en Macédoine,
Le point à une semaine du scrutin

Election présidentielle en Macédoine,
Le point à une semaine du scrutin

13/03/2009 - J-7 - 1er tour

1 792 082 électeurs sont appelés aux urnes le 22 mars pour le 1er tour de l'élection présidentielle en Macédoine, Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages, les électeurs se prononceront de nouveau lors d'un 2e tour le 5 avril. Le Chef de l'Etat sortant, Branko Crvenkovski (Union sociale-démocrate, SDSM), a choisi de ne pas se représenter.
Le 22 mars, les Macédoniens désigneront également leurs représentants municipaux. Les élections locales sont organisées tous les 4 ans.

Sept candidats à la fonction suprême en Macédoine se présentent :
- Gjorgji Ivanov, professeur de droit à l'université de Skopje, candidat de l'Organisation révolutionnaire-Parti démocratique pour l'unité nationale (VMRO-DPMNE), parti de l'actuel Premier ministre, Nikola Gruevski ;
- Ljubomir Frckoski, professeur de droit international à l'université de Skopje, ancien ministre de l'Intérieur et des Affaires étrangères, soutenu par le principal parti d'opposition, l'Union sociale-démocrate (SDSM), et le Nouveau parti social-démocrate (NSDP) ;
- Ljube Boskovski, ancien ministre de l'Intérieur acquitté par le TPIY de La Haye. Il se présente en candidat indépendant ;
- Imer Selmani, leader de Nouvelle démocratie (DR), parti albanophone fondé en septembre 2008 ;
- Agron Buxhaku, candidat de l'Union démocratique pour l'intégration (DUI-BDI), dirigée par Alija Ahmeti ;
- Mirushe Hoxha, candidat du Parti démocratique albanais (PDA-PDSh), membre de l'actuelle coalition gouvernementale et dirigé par Menduh Thaci ;
- Nano Ruzin, candidat du Parti libéral-démocrate (LDP) dirigé par Risto Penov.

Chose inhabituelle, 5 des 7 candidats au scrutin présidentiel sont des professeurs d'université. "Le fait que 5 candidats soient des enseignants révèle le faible niveau de professionnalisme des formations politiques et montre que la profession de politiciens n'est pas véritablement intégrée dans la société macédonienne ; par conséquent, les partis s'appuient sur une élite issue d'autres professions" affirme Zidas Daskalovski du Centre de recherche et de politique.

Le caractère transparent et démocratique du scrutin constitue l'enjeu principal de cette élection, les pouvoirs du Chef de l'Etat étant relativement limités et son poste essentiellement honorifique.
"L'organisation d'élections en conformité avec les standards internationaux est le facteur clé de la considération de la Commission européenne qui permettra de décider si l'on peut commencer des négociations d'adhésion" a déclaré le 3 mars le Commissaire européen en charge de l'Elargissement, Olli Rehn. "Chaque citoyen a le droit à des élections libres et justes ainsi que celui de voter librement pour élire son maire et son président de la République" a indiqué Philip Reeker, ambassadeur des Etats-Unis en Macédoine le 4 mars. Il s'est rendu à Tetovo pour rencontrer les leaders des 3 partis albanophones - Nouvelle démocratie, Union démocratique pour l'intégration et Parti démocratique albanais – et leur communiquer un message du Président américain Barack Obama et de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton sur le caractère crucial de l'élection présidentielle. Philip Reeker s'est également entretenu avec les 6 candidats à la mairie de Tetovo.
37 personnes de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sont chargées de l'observation du scrutin. Le 6 mars, 6 des 7 candidats au scrutin (tous sauf la seule femme Mirushe Hoxha) ont signé un accord sur la tenue démocratique de l'élection présidentielle.

Le VMRO-DPMNE a proposé, le 2 mars, de diviser Tetovo, 2e ville du pays par la population, en plusieurs municipalités sur le modèle de Skopje et de désigner un Macédonien pour présider le conseil municipal afin de préserver les intérêts économiques et culturels des Macédoniens. Le DUI-BDI a exprimé sa colère après cette annonce tandis que le leader de DR, Imer Selmani, a dénoncé la manque de sérieux de cette proposition. "L'idée va contre les accords d'Ohrid et sape le concept multiethnique" indique Jeton Shasivari, professeur de l'université d'Europe du Sud-Est (Stoel).
La ville de Tetovo compte actuellement 31 conseillers municipaux dont 5 Macédoniens.

Selon l'enquête d'opinion réalisée par l'Institut de la démocratie au début du mois de mars, Gjorgji Ivanov devrait arriver en tête lors du 1er tour avec 25,5% des suffrages. Il devancerait Ljubomir Frckoski qui recueillerait 12,1% des voix, Imer Selmani 11,7%, Ljube Boskovski 8,8%, Agron Buxhaku 4,8%, Nano Ruzin 3,6% et Mirushe Hoxha 1,5%.
17,7% des personnes interrogées se disent toujours indécises.
Pour la majorité des Macédoniens, le futur président de la République devrait s'occuper en priorité des questions économiques (51%). Plus d'un quart (27%) mettent l'accent sur l'adhésion du pays à l'Union européenne et l'OTAN et 11% sur les relations interethniques.
La campagne électorale a débuté le 1er mars et se terminera le 20 mars à minuit.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
Les auteurs
Corinne Deloy
Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman
Fondation Robert Schuman
Autres étapes
2ème tourRésultats