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Politique et démocratie
Chypre - Présidentielle

Le chef de l'Etat sortant Nicos Anastasiades arrive en tête du 1er tour de l'élection présidentielle à Chypre mais le suspense demeure pour le 2e tour

Le chef de l'Etat sortant Nicos Anastasiades arrive en tête du 1er tour de l'élection présidentielle à Chypre mais le suspense demeure pour le 2e tour

29/01/2018 - Résultats - 1er tour

Le chef de l'Etat sortant Nicos Anastasiades (Rassemblement démocratique, DISY) est arrivé en tête du 1er tour de l'élection présidentielle organisé à Chypre le 28 janvier. Il a recueilli 35,51% des suffrages et a devancé Stavros Malas, qui se présente comme candidat indépendant mais qui est soutenu par le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) et qui a obtenu 30,24% des voix. Les deux hommes, qui étaient déjà les finalistes de la précédente élection présidentielle des 17 et 24 février 2013, s'affronteront donc lors d'un 2e tour de scrutin le 4 février.

L'écart entre les deux candidats est moindre que celui qui était annoncé par les enquêtes d'opinion.
Arrivé à la 3e place avec 25,74% des suffrages, Nicolas Papadopoulos (Parti démocratique, DIKO) se retrouve en position de faiseur de roi.

Christos Christou, dirigeant du parti d'extrême droite, le Front national populaire (ELAM), a recueilli 5,65% des suffrages et Giorgos Lillikas (Alliance des citoyens) a obtenu 2,18% des voix. Les quatre autres candidats ont recueilli chacun moins de 1% des voix.

La participation s'est élevée à 71,88%, soit en forte chute par rapport à celle enregistrée lors du 1er tour de la précédente élection présidentielle du 17 février 2013 : - 11,26 points. On rappellera que le vote est obligatoire à Chypre.



Les questions socioéconomiques ont dominé la campagne électorale, reléguant, une fois n'est pas coutume, le problème de la réunification de l'île au second plan. Les négociations sur ce sujet sont à l'arrêt depuis le 6 juillet dernier, les deux parties n'ayant pas réussi à se mettre d'accord sur le statut des forces turques présentes sur l'île et Ankara ayant refusé de renoncer à ses droits d'intervention. "Le problème de la réunification de Chypre ne figure plus en haut de l'agenda car les électeurs se sont lassés et ne s'attendent plus à ce que les deux parties trouvent un accord rapidement" a indiqué Harris Papageorgiou, directeur du centre de recherche Noverna.

"Le choix n'a jamais été aussi simple. Soit nous optons pour un avenir où les choses sont rendues possibles soit pour un mouvement qui a provoqué la faillite de notre pays. Ou bien nous allons de l'avant ou bien nous retournons vers l'insécurité du gouvernement précédent. Dimanche prochain, nous sommes appelés à choisir un chemin de stabilité, celui qui attire les investissements et qui crée des emplois" a indiqué Nicos Anastasiades après l'annonce des résultats.

Sur le plan économique, le président de la République sortant se présente comme le sauveur de l'économie chypriote et le garant de la stabilité économique du pays. S'il est réélu, il s'est engagé à mettre en place un fonds pour aider à rembourser une partie de l'épargne de ses compatriotes saisie en 2013.

"Le peuple a parlé, une nouvelle majorité a exprimé son désir de changement " a affirmé Stavros Malas. "La réélection de Nicos Anastasiades à la présidence de la République serait synonyme de continuité en matière de politique économique. Stavros Malas a mené une campagne électorale très prudente et a évité de faire de nombreuses promesses. Néanmoins, la véritable question à son sujet est celle de savoir comment il peut gérer sa relation avec le Parti progressiste des travailleurs" s'interroge Sofronis Clerides, professeur d'économie à l'université de Chypre.

Le Front national populaire, dont le dirigeant Christos Christou est arrivé en 4e position, a indiqué qu'il enverrait prochainement un questionnaire à chacun des deux candidats qualifiés pour le 2e tour de scrutin avant de décider celui qu'il soutiendrait le 4 février prochain.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
L'auteur
Corinne Deloy
Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman
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