Election présidentielle au Montenegro 22 decembre 2002

Actualité

Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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22 décembre 2002
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Deloy Corinne

Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

Fondation Robert Schuman

Le 20 octobre dernier, la coalition « Pour un Monténégro européen » conduite par l'actuel Président Milo Djukanovic sortait largement vainqueur des élections législatives anticipées organisées au Monténégro. Cette victoire et l'établissement d'une nouvelle majorité devraient contribuer à résoudre la crise politique que traverse le Monténégro depuis plus d'un an et apporter au pays la stabilité nécessaire à la mise en œuvre des réformes économiques, juridiques et politiques indispensables au pays. La crise politique interne s'est en effet traduite par une nette dégradation des conditions de vie de la population. Un rapport de la Banque mondiale indique ainsi que plus de 80% des Monténégrins vivent dans des conditions de simple « subsistance ». En outre, plus de la moitié de la population reçoit des aides sociales de l'Etat et 20% vit en dessous du seuil de pauvreté.

Milo Djukanovic (Parti démocratique des socialistes) est aujourd'hui un Président démissionnaire. A la suite de la victoire électorale de sa coalition aux dernières élections législatives du 20 octobre, il a en effet choisi de devenir Premier ministre du Monténégro. La Constitution stipulant que celui-ci est nommé par le Président, Milo Djukanovic a donc quitté le 25 novembre dernier ses fonctions présidentielles afin de se rendre disponible pour diriger le gouvernement. Néanmoins, officiellement, ni la Constitution ni aucune loi n'interdisent à une seule et même personne d'occuper le poste de Président de la République et d'exercer dans le même temps les fonctions de Premier ministre. Filip Vujanovic, vice-président du Parti démocratique des socialistes, Premier ministre sortant et nouveau président du Parlement, élu le 5 novembre dernier, assure donc jusqu'à la prochaine élection présidentielle du 22 décembre les fonctions de Président du Monténégro par intérim.

Le leader du Parti démocratique des socialistes (DPS) a donc décidé de ne pas prendre le risque d'une défaite à l'élection présidentielle et ne briguera pas de second mandat présidentiel. Le Président du Monténégro, élu au suffrage universel direct tous les cinq ans, possède peu de pouvoirs, les affaires de l'Etat étant principalement traitées par le Gouvernement. Si Milo Djukanovic avait su faire de la fonction présidentielle un poste important, sa future nomination au poste de Premier ministre lui permet de retrouver le véritable pouvoir. Il paraît évident que le prochain Président, en particulier s'il appartient à la formation du futur Premier ministre, ne jouera pas un rôle aussi important que celui tenu par Milo Djukanovic durant son mandat. A quarante ans, il est déjà un vétéran de la politique. Nommé Premier ministre en 1991, le plus jeune de l'histoire du Monténégro (et d'Europe), il sera reconduit dans ses fonctions par deux fois en 1993 et 1996 avant de devenir en octobre 1997, Président de son pays. Il reste le seul homme politique - ayant commencé sa carrière au sein des structures communistes yougoslaves - encore influent aujourd'hui.

Au sein du Parti démocratique des socialistes, la bataille est engagée pour savoir qui sera le futur candidat de la formation à l'élection présidentielle du 22 décembre prochain. Le choix devrait se faire entre Filip Vujanovic et Svetozar Marovic, tous deux vice-présidents du parti qui s'affrontent pour la présidence du DPS. Svetozar Marovic, réel numéro deux après Milo Djukanovic, semble aujourd'hui être mieux placé pour devenir le candidat de la formation majoritaire du Parlement. L'académicien Ljubisa Stankovic, président du conseil du Parti social-démocrate (DPS), formation membre de la coalition au pouvoir avec le Parti démocratique des socialistes et ex-candidat malheureux (contre Momir Bulatovic) à l'élection présidentielle de 1990, pourrait également se porter candidat à la magistrature suprême. De son côté, l'opposition devrait investir Predrag Bulatovic, le leader du Parti socialiste populaire (SNP) paraissant le mieux à même de réunir sur son nom une majorité d'opposants à Milo Djukanovic.

Les formations politiques disposent encore de quelques jours pour faire connaître les noms de leurs candidats officiels pour l'élection présidentielle du 22 décembre prochain. Dès que la nomination de Milo Djukanovic au poste de Premier ministre sera effective, la campagne présidentielle pourra véritablement commencer.

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