Election présidentielle en Russie, un scrutin sans grand suspense

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Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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6 février 2012
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

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Election présidentielle en Russie, un scrutin sans grand suspense

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Le 24 septembre 2011, le Premier ministre russe Vladimir Poutine (Russie unie, ER) émettait le souhait de voir le président russe, Dmitri Medvedev, diriger la liste de Russie unie aux élections législatives du 4 décembre dernier avant que Dmitri Medvedev propose de soutenir la candidature du Premier ministre sortant à l'élection présidentielle du 4 mars 2012, Vladimir Poutine promettant de confier le poste de Premier ministre à Dmitri Medvedev quand il aura été réélu à la tête de l'Etat. "Je veux le dire sans ambages, nous avions conclu un accord il y a plusieurs années déjà sur ce que nous ferions[i]" déclarait Vladimir Poutine. Les deux principaux personnages de Russie ont donc décidé de permuter leurs fonctions, un mouvement qui, selon les enquêtes d'opinion, a profondément déplu à une grande partie des Russes. "[i]On n'a jamais vu de telles pratiques depuis Staline et son culte de la personnalité" a déclaré le politologue Gleb Pavlovsky. "Les élections n'étaient jamais arrivées à se transformer en une telle farce" a affirmé Stanislav Belkovsly, fondateur et directeur du National Strategy Institute et de l'entreprise de communication Politech.

L'élection présidentielle du 4 mars prochain est donc un scrutin sans enjeu tant la victoire semble acquise à Vladimir Poutine. Des questions demeurent : le Premier ministre sortant sera-t-il élu dès le 1er tour? Et, surtout, que se passera-t-il à l'issue du scrutin?

Des élections législatives contestées

Le 4 décembre 2011, le parti du président Dmitri Medvedev et du Premier ministre Vladimir Poutine, Russie unie (ER), remportait les élections législatives en recueillant 49,32% des suffrages, soit 238 des 450 sièges de la Douma, chambre basse du Parlement. Ces résultats sont les plus faibles jamais enregistrés par ER. En outre, leur annonce a suscité la colère d'une partie de la population qui a dénoncé les fraudes électorales et un fort mouvement de contestation, le plus important depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000.

Le 10 décembre, environ 50 000 personnes ont manifesté, ruban blanc (Belatenta) à la boutonnière, place Bolotnaïa à Moscou pour demander l'annulation du scrutin. Le 24, elles étaient de nouveau 85 000 à protester avenue Andreï Sakharov contre les fraudes électorales du 4 décembre et l'arrestation et la condamnation à des peines de prison ferme de certains manifestants et à réclamer le départ de Vladimir Poutine. Le mouvement s'est étendu à la province, fait rare en Russie : Saint Petersbourg, Gorno-Altaïsk, Novossibirsk (6 000 manifestants), Iekaterinbourg (4 000), Tcheliabinsk (5 000), Kazan, Perm, Nijni Novgorod, Briansk ou Arkhangelsk.

L'opposition au régime de Vladimir Poutine est hétéroclite et les tensions sont parfois vives entre les leaders des différents mouvements. Les manifestations ont rassemblé des proches de l'extrême gauche, des communistes, des libéraux, des nationalistes, des personnes luttant contre la corruption comme le bloggeur Alexeï Navalny, à qui l'on doit l'expression de "parti des voleurs et des escrocs (partiya vorov i zhulikov)" appliqué à Russie unie et créateur en 2010 du site internet communautaire RosPil (pillage de la Russie) qui dénonce les détournements de biens publics et de corruption. Ceux-ci représenteraient environ 300 milliards $, soit un tiers du budget de l'Etat. Alexeï Navalny s'est fait connaitre en mettant à jour les détournements financiers dont se rendaient coupables la banque VTB, détenue à 85% par l'Etat, et l'entreprise Transneft, détentrice du monopole des oléoducs, accusée du détournement de 2,9 milliards € lors de la construction du tracé Sibérie-Pacifique. Le 5 décembre, le bloggeur a été arrêté par les forces de l'ordre et emprisonné durant deux semaines. L'accord semble cependant impossible entre libéraux, nationalistes ou encore communistes et aucun leader ne s'est véritablement dégagé de ce mouvement de contestation. Les hommes politiques présents dans les manifestations ont d'ailleurs suscité l'irritation de la foule.

"L'absence d'une figure politique derrière laquelle le mouvement pourrait se rassembler constitue sa plus grande faiblesse et en même temps sa force" affirme le politologue Andreï Gratchev, ancien porte-parole (1990-1991) du secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique (1985-1991) Mikhaïl Gorbatchev durant la perestroïka.

Le 31 janvier dernier, une cinquantaine d'opposants, dont l'écrivain Edouard Limonov, qui n'a pas été autorisé à se présenter à l'élection présidentielle, ont été interpellés lors d'une manifestation non autorisée dans Moscou (chaque 31 des mois comprenant 31 jours, une manifestation est organisée pour défendre l'article 31 de la Constitution qui garantit la liberté de rassemblement). Le 1er février, une banderole de 140 m2 portant l'inscription "Poutine, pars" et une caricature du Premier ministre barrée d'une croix noire a été fixée sur un immeuble situé juste en face du Kremlin sur un quai de la Moskova. Une nouvelle manifestation a eu lieu le 4 février entre la place d'Octobre et la place Bolotnaïa.

"Le déroulement des élections législatives du 4 décembre 2011 n'a pas respecté les normes électorales" a déclaré l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) chargée d'une mission d'observation du scrutin. Elle a constaté diverses fraudes (bourrages d'urnes, votes multiples, etc.) et déploré les centaines arrestations de militants de l'opposition qui tentaient de manifester le jour des élections. Par ailleurs, de nombreuses vidéos montrant les opérations de fraudes massives ont été mises en ligne et donc vues par des millions de Russes. "Auparavant ce que l'on ne montrait pas à la télévision n'avait jamais existé. Désormais, ce qui n'est pas discuté sur internet n'a jamais existé" affirme la journaliste Ioulia Latynina. Le taux de pénétration d'internet est de 46% en Russie, 52,9 millions de personnes ont accès au réseau mondial au moins une fois par mois. Autre nouveauté : la réaction inédite du patriarche Kirill de l'église orthodoxe qui a défendu les manifestations qu'il a qualifiées de "réaction négative légitime" face à la corruption des élites. Enfin, Mikhaïl Gorbatchev a révélé sa "honte" d'avoir soutenu Vladimir Poutine en 2000 et déclaré : "je conseillerais à Vladimir Poutine de partir maintenant".

Le Premier ministre a indiqué que les bureaux de vote seraient équipés de caméras le 4 mars. "Ces dernières ne permettent pas de filmer le processus de décompte des bulletins, l'enregistrement des résultats ou les conditions de leur stockage" a souligné Heidi Tagliavini, chef de la mission russe d'observation de l'OSCE.

Si Poutine est loin d'avoir perdu le pouvoir, sa relation avec le peuple russe est bel et bien altérée. "Le mythe d'un Vladimir Poutine tout puissant s'est effondré" a affirmé un bloggeur de la radio L'Echo de Moscou le 16 décembre. Les Russes semblent en effet s'être libérés d'une certaine peur. En outre, les fraudes électorales ne sont pas le seul motif de mécontentement et la seule cause à avoir fait descendre les manifestants dans la rue. La classe moyenne russe, en pleine expansion, exprime de plus en plus souvent son mécontentement à l'égard du pouvoir en place dont elle critique l'inefficacité et la corruption. Un phénomène qui a permis au Parti communiste (KPRF) et à Russie juste (SR) d'améliorer leurs résultats aux élections législatives (les deux partis ont recueilli respectivement 19,19% et 13,24% des suffrages, soit 92 et 64 sièges à la Douma). Russie unie est arrivée en 2e, voire 3e position dans plusieurs villes. Ainsi, elle a recueilli 21% des suffrages à Doubna (48% lors du précédent scrutin législatif du 2 décembre 2007) et 22% à Korolev, ville du centre de contrôle des vols de l'Agence spatiale (59% quatre ans auparavant).

Les trois quarts des Russes (73%) se déclarent insatisfaits de la politique du gouvernement selon une enquête d'opinion réalisée par le centre Levada et publiée fin décembre 2011. "Il y a un énorme problème de légitimité. Ce mouvement est porté par une majorité de gens non politisés" a souligné Carine Clément, directrice de l'Institut de l'action collective à Moscou, ajoutant "L'enjeu est de pérenniser et de politiser ce mouvement, de transformer la dignité offensée en engagement durable, partout en Russie". "Le pouvoir en place est dans un cul de sac historique, il s'attache à provoquer et à discréditer les organisateurs des manifestations mais surtout il prépare sa revanche" affirme Andreï Illarionov, président de l'Institut d'analyse économique. Au pied du mur, Vladimir Poutine est face à une alternative : renforcer les tendances autoritaires de son régime ou accepter de pluraliser la scène politique. Pour l'heure, il n'a pas exclu de réserver certains postes gouvernementaux à l'opposition après sa victoire le 4 mars prochain. "J'ai déjà dit que j'avais invité des responsables des partis considérés comme l'opposition, par exemple Juste cause (PD) et Iabloko. Ces personnes ont travaillé et continuent à travailler efficacement et je ne vois rien d'impossible à cet égard" a t-il affirmé.

La contre-offensive de Vladimir Poutine

"Les élections législatives sont terminées. Il ne peut être question de discussions sur une révision", telle a été la réponse de Poutine aux manifestants. "De mon point de vue, le résultat de ces élections reflète incontestablement l'opinion publique" a-t-il ajouté. Comme à son habitude, il a accusé les manifestants "de détenir un passeport russe mais d'agir pour le compte d'un Etat étranger et sur financement étranger". Il a souligné que "l'opposition conduisait la Russie vers le chaos".

Vladimir Poutine a tenté une analyse de la situation. "Nous avons traversé une période de crise très sérieuse. Il est clair que cela s'est répercuté sur les gens de manière négative, que le niveau de vie a baissé, que beaucoup ont perdu leur travail. C'est pourquoi il est nettement plus facile pour l'opposition de recruter" a-t-il expliqué. Cependant, il a regretté que le dialogue avec les opposants soit rendu "impossible à cause de la désorganisation du mouvement qui ne possède ni leader ni programme". Le 15 décembre, il a fait une intervention télévisée de 4h33 durant laquelle il a répondu aux questions des téléspectateurs. Il a invité les responsables politiques à mieux communiquer jugeant que les Russes avaient besoin d'une psychothérapie nationale. Il a promis un scrutin clair et objectif le 4 mars. "En tant que candidat, je n'ai besoin d'aucune tricherie". Il s'est déclaré prêt à réfléchir à un desserrement des lois sur l'enregistrement des partis politiques et a appelé à restaurer – sous conditions – l'élection au suffrage universel direct des gouverneurs régionaux – nommés par le pouvoir en place – qu'il avait lui-même abolie au cours de son premier mandat (2000-2004) en s'appuyant sur les attentats de Beslan (1-3 septembre 2004) ¬lors desquels des terroristes tchétchènes avaient pris en otage des centaines d'enfants et d'adultes dans une école d'Ossétie du Nord et qui avait fait environ 350 morts. Selon lui, ces attentats avaient révélé la déloyauté des autorités régionales.

Concernant l'économie, Vladimir Poutine a publié fin janvier un article dans le quotidien économique Vedomosti dans lequel il s'en prend à la "corruption systémique", affirme que le climat des affaires est "insatisfaisant" et qualifie la dépendance de l'économie russe à l'exportation des matières premières d'"inadmissible". "Face à nos concurrents, le pays est beaucoup moins attrayant pour les investisseurs. Nous enregistrons une importante fuite des capitaux. Le principal problème est le manque de transparence, l'absence de contrôle de la société sur les fonctionnaires, les douanes et les services fiscaux, le système judiciaire et les forces de l'ordre. Il s'agit d'une corruption systémique, si l'on appelle les choses par leur nom" a t-il déclaré. La Cour des comptes a relevé 10 300 faits de corruption dans son rapport annuel 2011 et estimé à 718,5 milliards de roubles (17,8 milliards €) le montant des fraudes concernant les dépenses budgétaires, une somme record depuis le XXe siècle. Vladimir Poutine a affirmé qu'éliminer les rétrocommissions sur les commandes d'Etat permettrait d'économiser "entre 5% et 10% du budget fédéral, soit entre 1% et 2% du PIB par an". Fin décembre, il avait demandé aux chefs des entreprises publiques russes de divulguer aux Pouvoirs publics la structure actionnariale de chacun de leurs partenaires commerciaux. Il a proposé d'augmenter le financement de la recherche scientifique et les investissements dans les industries de haute technologie, la pharmacie, la chimie, l'aéronautique et les communications. "En investissant dans la compétitivité des secteurs d'avant-garde, la Russie résout aussi un problème social global, à savoir le développement de la classe créative et la possibilité pour elle de se réaliser" a-t-il indiqué. Enfin, le 12 janvier, Vladimir Poutine a lancé son site internet (www.putin2012.ru). Immédiatement, des internautes y ont laissé des commentaires négatifs, certains lui demandant de démissionner de ses fonctions ou de ne pas se présenter à l'élection présidentielle. Ceux-ci ont été très rapidement effacés et remplacés par de nouveaux messages plus politiquement corrects.

Les autres candidats

5 personnes sont candidates à l'élection présidentielle. Outre Vladimir Poutine, il s'agit de :

– Guennadi Ziouganov, dirigeant du premier parti d'opposition du pays, le Parti communiste (KPRF) ;

– Vladimir Jirinovski, fondateur et dirigeant du parti ultranationaliste et populiste du Parti démocrate-libéral (LDPR) ;

– Sergueï Mironov, ancien leader de Russie juste (SR), parti social-démocrate ;

– Mikhaïl Prokhorov, leader du parti Juste cause (Pravoe Delo, PD), milliardaire et homme d'affaires (considéré par certains comme l'homme le plus riche de Russie ; sa fortune est estimée à 9,3 milliards €) et dirigeant de la société d'investissements Onexim.

Dans son programme intitulé Un avenir réel, Mikhaïl Prokhorov propose de créer une zone économique commune entre la Russie et l'Union européenne et la mise en place d'une nouvelle monnaie mondiale sur la base de l'euro et du rouble. Il affirme que, s'il est élu, sa première action sera de libérer Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron de la compagnie pétrolière russe Ioukos, emprisonné depuis 2004 pour vol par escroquerie à grande échelle et évasion fiscale (accusations qu'il a toujours réfutées), à qui il proposera le poste de Premier ministre (en cas de refus de ce dernier, ce poste serait offert à l'ancien ministre des Finances démissionnaire le 26 septembre dernier, Alexeï Koudrine). Mikhaïl Prokhorov s'est prononcé en faveur de la privatisation des entreprises d'Etat, une façon pour lui de résoudre les problèmes de déficit de l'Etat. "Nous avons désormais une génération prête à initier de véritables réformes qui considère la démocratie et le libéralisme comme des valeurs communes. Le génie s'est échappé de la bouteille et n'y retournera plus. L'ère de la démocratie dirigée est révolue" a-t-il affirmé dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Guardian le 11 janvier. Le leader de Juste cause a indiqué qu'il se limiterait à un seul mandat présidentiel, s'est engagé à baisser à 3% des suffrages le seuil minimum à obtenir pour un parti pour être représenté à la Douma et à rétablir le "vote contre tous les candidats" supprimé par Vladimir Poutine.http://www.pravoedelo.ru/

"Le Kremlin avance la candidature de Mikhaïl Prokhorov pour calmer les protestations et pour que tout le monde soit excité en voyant quel bon garçon se présente à l'élection présidentielle" a déclaré Stanislav Belkovski, directeur de l'Institut national de stratégie à Moscou. "Mikhaïl Prokhorov essaie de suivre l'exemple de Vladimir Poutine et se positionne en candidat attrape-tout" a indiqué Olga Mifodïeïa du Centre des technologies politiques.

Sergueï Mironov se dit favorable à des transformations sociales "pour que les gens comprennent vers où nous allons". Il a indiqué qu'il démissionnerait au bout de 2 ans s'il est élu et organiserait probablement une nouvelle élection présidentielle. "Je suis bien conscient que le scrutin sera dans une large mesure un vote protestataire, les électeurs veulent n'importe qui sauf Vladimir Poutine" a t-il indiqué.

Grigori Iavlinski, fondateur du parti libéral Iabloko, n'a pas été autorisé à se présenter.http://yavlinsky.ru La Commission électorale a considéré irrecevables au moins 24% des signatures qu'il avait recueillies. En l'éliminant, Vladimir Poutine fait d'une pierre deux coups puisqu'il empêche ainsi l'accès des observateurs de son parti –qui avaient largement dénoncé les fraudes du scrutin législatif – aux bureaux de vote. Par ailleurs, certains analystes politiques considèrent qu'une candidature de Grigori Iavlinski était un obstacle à la victoire de Vladimir Poutine dès le 1er tour de scrutin. Le 1er février, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Ashton, a appelé la Commission électorale centrale de Russie à revenir sur son refus d'enregistrer Grigori Iavlinski.

La fonction présidentielle en Russie

Désormais élu pour 6 ans, le Président de la Fédération de Russie dispose d'importants pouvoirs. Chef de l'exécutif, il nomme et renvoie le Premier ministre, il peut dissoudre la Douma, soumet des projets de loi au Parlement et peut proposer des référendums. Il décide également des nominations dans l'armée et les services de sécurité, désigne les juges de la Cour suprême, de la Cour constitutionnelle, de la Cour des comptes et de la Cour suprême d'arbitrage. Il ne peut être élu pour plus de deux mandats consécutifs.

Tout candidat à la magistrature suprême doit être âgé d'au moins 35 ans et résider en Russie depuis un minimum de 10 ans. Tout candidat dont le parti n'est pas représenté à la Douma doit obligatoirement réunir les signatures d'au moins 500 soutiens et collecter 2 millions de signatures d'électeurs qui doivent être recueillies dans au moins la moitié du pays.

Malgré les contestations apparues depuis le scrutin législatif, Vladimir Poutine reste le favori de l'élection présidentielle du 4 mars prochain, qui doit marquer son retour au Kremlin, qu'il avait dû quitter en 2008 après 2 mandats consécutifs (2000-2008). Selon la dernière enquête d'opinion réalisée par l'institut POM et publiée par le quotidien Kommersant le 26 janvier dernier, le Premier ministre recueillerait 44% des suffrages, Guennadi Ziouganov 11%, Vladimir Jirinovski, 9%, Sergueï Mironov et Mikhaïl Prokhorov 4% chacun.

Le suspense porte sur le fait de savoir si Vladimir Poutine parviendra à s'imposer dès le 1er tour de scrutin. Si la défaite paraît impossible, un 2e tour, qui montrerait l'incapacité du leader de Russie unie à rassembler sur son nom la moitié des électeurs, constituerait pour beaucoup un premier échec. Le 1er février, le Premier ministre a reconnu qu'il pourrait ne pas recueillir suffisamment de suffrages pour l'emporter dès le 4 mars prochain. "Il n'y a rien d'horrible à ce qu'il y ait un 2e tour" a déclaré Vladimir Poutine qui a néanmoins mis en garde ses compatriotes contre la "déstabilisation de la situation politique" que cela pourrait créer.

Source : the Central Electoral Commission of Russia http://cikrf.ru/eng/

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