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Robert Kotcharian est réelu President d'Armenie

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Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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19 février 2003
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

Fondation Robert Schuman

Grand favori du scrutin, le Président arménien Robert Kotcharian a été réélu à la tête du pays au deuxième tour de l'élection présidentielle. Les Arméniens ont confirmé leur vote du premier tour, - où Robert Kotcharian avait frôlé la victoire en remportant 48,23% des suffrages exprimés -, en offrant une large victoire au Président sortant qui obtient 67,5% des voix contre 32,5% à son adversaire Stepan Demirtchian (Parti populaire arménien). Celui-ci avait recueilli 27,37% des suffrages lors du premier tour de l'élection. La participation du second tour a été légèrement supérieure à celle du premier tour (64,5% contre 61,9%).

Si la victoire du Président sortant est assez large pour ne pas être réellement mise en doute, il reste que, comme au premier tour, d'importantes irrégularités (bourrages des urnes et autres fraudes) ont été relevées lors de ce second tour par le Conseil de l'Europe et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui avait mobilisé deux cents observateurs pour cette élection présidentielle. Walter Schwimmer, secrétaire général du Conseil de l'Europe, avait mis en garde la veille du scrutin contre la « déroute électorale » que ne manqueraient pas de provoquer de nouveaux incidents. Le chef de la mission de l'OSCE, Peter Eicher, s'est déclaré « déçu » du déroulement du deuxième tour de l'élection. « Le scrutin présidentiel ne correspondait pas aux normes internationales pour des élections démocratiques » a t-il déclaré à l'annonce des résultats.

Le lendemain de l'élection présidentielle, plusieurs milliers de partisans de l'opposition arménienne ont manifesté dans les rues de la capitale Erevan pour contester la validité du scrutin qu'ils considèrent entaché de fraude électorale. Les partisans de Stepan Demirtchian avaient déjà, pour les mêmes raisons, contesté les résultats du premier tour. Le candidat du Parti populaire arménien avait d'ailleurs redit à la veille du deuxième tour qu'il ne reconnaissait pas les résultats du premier tour de l'élection. « Nous avons l'intention de continuer notre combat, a t-il affirmé le 6 mars, et nous demanderons à la Cour constitutionnelle de prononcer l'invalidité des résultats ». Pour l'heure, les manifestations ont toutes été pacifiques.

L'homme du Nagorny Karabakh entame donc son deuxième mandat à la tête de l'Arménie. Né à Stepanakert, « capitale » du Nagorny Karabakh, Robert Kotcharian a été membre du Parti communiste soviétique avant d'être élu en 1992 à la présidence du Comité de défense du Nagorny Karabakh. Il devient alors le leader du combat pour l'indépendance de la région qui conduit à la guerre entre les Azerbaïdjanais et les Arméniens soutenus par Erevan, guerre qui fera jusqu'au cessez-le-feu signé en mai 1994 plus de trente mille morts et des centaines de milliers de réfugiés. En 1997, Robert Kotcharian est appelé à Erevan pour prendre la tête du gouvernement arménien par le Président Levon Ter Petrossian, partisan d'un règlement pacifique du conflit mais soumis à la pression des nationalistes. En février 1998, le Parlement contraint le Président à la démission et le 30 mars de la même année, Robert Kotcharian accède à la magistrature suprême. Son premier mandat apporte à l'Arménie une relative stabilité et un retour de la croissance économique même si le niveau de vie de la population reste très bas et si l'émigration reste importante (environ huit cent mille Arméniens ont quitté le pays depuis dix ans). Enfin, le problème du Nagorny Karabakh n'a toujours pas été réglé.

Réélu largement mais pas tout à fait selon les normes démocratiques, Robert Kotcharian va devoir affronter les tensions politiques qui se sont fait jour lors de cette élection présidentielle. Il aura surtout la lourde tâche de poursuivre le redressement économique du pays et de parvenir à ce qu'enfin les Arméniens profitent réellement des fruits de la croissance.

Résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle du 5 mars :

Participation : 64,5%

Source Associated Press

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