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Croatie - Législatives

L'Union démocratique devance le Parti social-démocrate aux élections législatives croates

L'Union démocratique devance le Parti social-démocrate aux élections législatives croates

26/11/2007 - Résultats

L'Union démocratique (HDZ) est arrivée en tête des élections législatives qui se sont déroulées en Croatie le 25 novembre. Le parti du Premier ministre sortant, Ivo Sanader, remporte 60 sièges au Hrvatski Sabor, Chambre unique du Parlement (- 6 par rapport au précédent scrutin législatif du 25 novembre 2003). Elle devance le Parti social-démocrate (SDP), principale formation d'opposition dirigée par Zoran Milanovic, qui obtient 57 députés (+ 23). Les deux partis sont suivis de l'alliance Parti paysan/Parti social-libéral/Parti des régions côtières du Primorje et du Gorski Kotar (HSS/HSLS/PGS) qui obtient 8 sièges et du Parti populaire (HNS), formation de centre-gauche (anciennement celle de l'actuel Président de la République Stepjan Mesic) dirigée par la vice-présidente du Parlement, Vesna Pusic, qui obtient 7 députés. Le Parti démocrate des paysans (HDSS) et le Parti démocrate d'Istrie (IDS) remportent chacun 3 sièges, le Parti du droit (HSP) et le Parti des retraités (HSU) obtiennent 1 député chacun.
Ces résultats ne prennent pas en compte le vote des 400 000 Croates vivant à l'étranger (principalement en Bosnie-Herzégovine), traditionnellement très favorables à l'Union démocratique (HDZ). Le parti pourrait obtenir au moins 4 sièges supplémentaires après le dépouillement de leurs votes.

"La victoire de l'Union démocratique ne fait aucun doute. Les électeurs ont montré qu'ils faisaient confiance au HDZ et à la politique qui est à la nôtre depuis quatre ans" a déclaré Ivo Sanader à l'annonce des premiers résultats. "Je viens de parler au Président de la République, Stepjan Mesic, je lui ai dit que je m'attendais à être chargé de former le nouveau gouvernement et il a été d'accord" a-t-il assuré.
Son principal rival, le leader du Parti social-démocrate, Zoran Milanovic, a affirmé avoir aussi "parlé au Président de la République" et s'est dit "convaincu d'être en mesure de rassembler une majorité parlementaire. Nous sommes sur la voie de former un gouvernement, après des pourparlers avec ceux qui pensent que la Croatie a besoin d'un changement, d'un nouveau gouvernement plus capable et plus honnête".
Une seule chose est sûre : aucun des deux partis n'est en mesure de former seul un gouvernement. Des négociations seront donc nécessaires pour constituer la future coalition gouvernementale. "La situation sera quasiment identique si l'un ou l'autre des deux partis l'emporte. Tous deux serviront bien la Croatie" affirme la politologue Jelena Lovric. Si les deux partis partagent les mêmes objectifs en matière de politique extérieure, le Parti social-démocrate est toutefois partisan d'une plus grande intervention de l'Etat dans l'économie, l'Union démocratique étant plus libérale.

Ivo Sanader a débuté sa carrière comme éditeur et directeur éditorial dans la ville de Split avant de fonder sa propre entreprise, à Innsbruck en Autriche, où il a vécu de 1987 à 1991. Revenu en Croatie, il est nommé directeur du Théâtre national de Split en 1991 et est élu député, pour la première fois, l'année suivante. Il sera ministre de la Recherche et de la Technologie (1992-1993), puis vice-ministre des Affaires étrangères de 1993 à 1995, année où il devient directeur de cabinet du Président de la République, Franjo Tudjman (1990-1999), et secrétaire général du Conseil de défense et de sécurité nationale. De 1996 à 2000, il renoue avec ses fonctions de vice-ministre des Affaires étrangères et devient président de l'Union démocratique (HDZ) à la mort de Franjo Tudjman. Après la victoire de ce parti aux élections législatives du 25 novembre 2003, Ivo Sanader est nommé Premier ministre.
Le Chef du gouvernement sortant a, au cours de son mandat, grandement amélioré les chances de la Croatie d'entrer dans l'OTAN et dans l'Union européenne. Le pays a présenté sa candidature à l'adhésion le 21 février 2003. Bruxelles lui a accordé le statut de candidat officiel en juin 2004 et les négociations d'adhésion ont démarré en octobre 2005. La Croatie, qui a déjà ouvert 14 chapitres de négociation (et en a refermé 2), devrait en toute logique être le prochain pays admis dans l'Union. La Croatie a également été élue, le 16 octobre dernier, membre du Conseil de sécurité des Nations unies, "le plus grand succès de la politique étrangère croate après la reconnaissance de l'indépendance du pays" selon le Président de la République, Stjepan Mesic. Le gouvernement d'Ivo Sanader a cependant échoué dans sa lutte contre la corruption tout comme il n'est pas parvenu à mettre en œuvre l'indispensable réforme du système judiciaire.

"Le vainqueur, quel qu'il soit, devra accélérer les réformes et achever les négociations d'adhésion avec l'Union européenne. Et s'il est intelligent, il procédera à des coupes claires la première année de son mandat" souligne le politologue Zeljko Trkanjec. De nombreuses réformes sont, en effet, encore nécessaires pour préparer la Croatie à intégrer l'Union européenne, priorité absolue des deux principaux partis politiques. En matière de politique étrangère, "il n'existe aucune différence entre les deux" indique le politologue Davor Gjenero. L'Union démocratique d'Ivo Sanader et le Parti social-démocrate de Zoran Milanovic partagent les mêmes objectifs : obtenir une invitation d'adhésion à l'OTAN au prochain sommet de l'Alliance atlantique qui se tiendra à Bucarest en avril 2008 et rejoindre l'Union européenne vers 2010.

Résultats des élections législatives du 25 novembre 2007 en Croatie



Source : Agence France-Presse
http://www.izbori.hr/2007Sabor/index.html

Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
Les auteurs
Corinne Deloy
Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman
Fondation Robert Schuman
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