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Chypre - Présidentielle

Nicos Anastasiades est le nouveau président de la République de Chypre

Nicos Anastasiades est le nouveau président de la République de Chypre

25/02/2013 - Résultats - 2ème tour

Le leader du Rassemblement démocratique (DISY), Nicos Anastasiades, également soutenu par le Parti démocratique (DIKO), a été élu à la présidence de la République de Chypre lors du 2e tour de scrutin le 24 février. Il a recueilli 57,48% des suffrages et devancé l'ancien ministre de la Santé (2011-2012) Stavros Malas (Parti progressiste des travailleurs, AKEL), qui a obtenu 42,52% des voix.
La participation s'est élevée à 81,58%, soit - 9,26 points par rapport au 2e tour de la précédente élection des 17 et 24 février 2008.



"Je félicite publiquement Nicos Anastasiades. Maintenant nous avons besoin d'unité, mais nous critiquerons sévèrement tout ce qui pourrait diverger de l'intérêt du peuple ou du pays" a déclaré le candidat malheureux Stavros Malas à l'annonce des résultats. L'ancien ministre de la Santé a certainement pâti de l'impopularité du gouvernement sortant dirigé par Demetris Christofias (AKEL).

Nicos Anastasiades, dont le slogan de campagne était La crise a besoin d'un leader, se voulait le candidat le plus sûr et le seul à bénéficier de la confiance des dirigeants européens, le mieux à même par conséquent de faire face à la crise qui affecte Chypre et de relancer l'économie de l'île. Il a promis de travailler à la signature d'un accord rapide avec la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) en vue d'élaborer un plan de sauvetage dont l'île, au bord de la faillite, a impérativement besoin.
"Nous comptons discuter et coopérer de manière fiable avec nos partenaires européens pour parvenir le plus tôt possible à un accord sur un plan de sauvetage qui protège les personnes les plus vulnérables, la cohésion sociale et les bonnes relations entre tous dans le monde du travail" a-t-il déclaré, ajoutant "Ma priorité est que Chypre retrouve sa crédibilité. Je suis déterminé à travailler avec nos partenaires européens et, dans le même temps, à prendre toutes mes responsabilités. Je m'engage à mettre en place toutes les mesures nécessaires pour sortir notre pays de la crise économique". Le pays a besoin de 17 milliards € – une somme faible à l'échelle de la zone euro mais qui équivaut à un an de PIB chypriote, dont 10 milliards pour ses banques.

Outre le redressement économique de son pays, Nicos Anastasiades a également pour mission de faire avancer le dossier de la réunification de Chypre en relançant les négociations entre les deux parties de l'île. Il a indiqué qu'il souhaitait voir Nicosie participer au programme de partenariat de la paix de l'OTAN, antichambre de l'adhésion à l'organisation internationale. En février 2011, les députés du Rassemblement démocratique, du Parti démocratique, du Mouvement pour la social-démocratie et du Parti européen (EVROKO), parti d'extrême droite dirigé par Demetris Sillouris, avaient voté une résolution allant en ce sens à laquelle le président de la République Demetris Christofias avait toutefois apposé son veto.
Pour Nicos Anastassiades, l'adhésion de Chypre à l'OTAN redonnerait un élan aux négociations sur la réunification de l'île. Le nouveau chef de l'Etat est également favorable à l'implication de l'Union européenne et de la Turquie dans ces négociations. Selon lui, Ankara serait ainsi davantage amené à assumer ses responsabilités et contribuerait véritablement à la recherche d'une solution.

Agé de 66 ans et originaire de Pera Pedi (sud), Nicos Anastasiades est diplômé en droit. Elu député sans discontinuer depuis 1981, il prend en 1997 la tête du Rassemblement démocratique (DISY), dont il est l'un des fondateurs. En 2004, il avait soutenu le plan Annan (du nom du secrétaire général de l'ONU de l'époque) qui proposait la création d'une République unie de Chypre sous la forme d'une confédération de deux Etats constituants largement autonomes inspirée du modèle de la Confédération helvétique. Le 24 avril 2004, les Chypriotes l'avaient rejeté à 75,83% (64,9% des habitants de la partie nord de l'île l'avaient approuvé).
Nicos Anastasiades a modifié sa position, ne serait-ce que pour obtenir le soutien du Parti démocratique, fermement opposé au plan Annan et avec lequel il devrait former un gouvernement de coalition.

Nicos Anastasiades succèdera officiellement à Demetris Christofias à la tête de Chypre le 1er mars prochain.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
Les auteurs
Corinne Deloy
Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman
Fondation Robert Schuman
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