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Politique et démocratie
Croatie - Présidentielle

La présidente de la République sortante Kolinda Grabar-Kitarovic candidate à sa succession en Croatie

La présidente de la République sortante Kolinda Grabar-Kitarovic candidate à sa succession en Croatie

16/12/2019 - Analyse - 1er tour

Les 22 décembre et 5 janvier prochains, les Croates sont appelés à désigner leur président de la République. La cheffe de l'Etat sortante Kolinda Grabar-Kitarovic, en poste depuis le scrutin des 28 décembre 2014 et 11 janvier 2015, a annoncé le 2 octobre dernier qu'elle était candidate à sa propre succession. Si aucun des onze candidats ne recueille plus de 50% des suffrages exprimés, un deuxième tour de scrutin aura lieu le 5 janvier 2020.

Selon la dernière enquête d'opinion réalisée par l'institut 2*1Komunikacije, l'ancien Premier ministre (2011-2016) Zoran Milanovic (Parti social-démocrate, SDP) devrait arriver en tête du premier tour avec 25,2% des suffrages, Kolinda Grabar-Kitarovic recueillerait 24,1% des voix, le chanteur Miroslav Skoro (indépendant), obtiendrait 22,5% des suffrages. Le député européen Mislav Kolakusic (indépendant) recueillerait 10,6% et le député Ivan Pernar (Parti d'Ivan Perna), 2,5%. Lors du deuxième tour, Kolinda Grabar-Kitarovic s'imposerait devant Zoran Milanovic comme devant Miroslav Skoro.

Les Croates résidant à l'étranger pourront remplir leur devoir civique dans 47 pays. La campagne électorale a débuté le 5 décembre et s'achèvera le 20 décembre prochain.

Les candidats



11 personnes, contre 4 il y a 5 ans, sont officiellement candidates à l'élection présidentielle des 22 décembre et 5 janvier prochains :

– Kolinda Grabar-Kitarovic (indépendante), Présidente de la République sortante soutenue par l'Union démocratique (HDZ) ;
– Zoran Milanovic (Parti social-démocrate, SDP), ancien Premier ministre (2011-2016), soutenu par le Parti travailliste, le Parti démocratique d'Istrie (IDS) et l'Alliance civile libérale GLAS ;
– Miroslav Skoro (indépendant), chanteur soutenu par les partis de la droite populiste ;
– Mislav Kolakusic (indépendant), ancien juge et député européen (non-inscrits) ;
– Dejan Kovac (Parti social-libéral, HSLS), économiste ;
– Anto Djapic, dirigeant de l'Alliance démocratique du renouveau national (Desno) ;
– Milan Bandic (Bandic Milan 365-Parti du travail et de la solidarité), candidat malheureux de l'élection présidentielle de 2009 (14,83% des suffrages au 1er tour et 39,74% au 2è), maire de Zagreb de 2000 à 2002 et depuis mai 2005 ;
– Ivan Pernar (Parti d'Ivan Pernar), député ;
– Nedjeljko Babic, dirigeant du parti des locuteurs des dialectes chakavian, kajkavian et shtokavian ;
– Katarina Peovic, candidate du Front des travailleurs ;
– Dalija Oreskovic (indépendant).

L'inconnu Miroslav Skoro



Miroslav Skoro fait campagne avec le slogan Maintenant ou jamais. Il dit vouloir "éradiquer la peur" et "rendre l'Etat au peuple". Il a indiqué qu'il souhaitait unir tous les Croates, et notamment ceux qui ont souffert durant les vingt dernières années. Il veut accroître les pouvoirs du chef de l'Etat et espère, s'il gagne, voir le gouvernement démissionner, le parlement se dissoudre et appeler à organiser de nouvelles élections législatives. Il affirme qu'une voix en faveur de la présidente de la République sortante est une voix pour Zoran Milanovic.

La présidence de la République en Croatie



Le Président de la République croate est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire. Il n'est rééligible qu'une seule fois.

La réforme constitutionnelle du 28 février 2001, qui a renforcé les pouvoirs du Sabor (Parlement) en supprimant l'ancienne Chambre haute (la Chambre des Comitats), a considérablement réduit les pouvoirs du chef de l'Etat. Celui-ci nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement, représente la Croatie à l'étranger et accrédite les ambassadeurs. Il dispose d'un droit de regard sur les questions diplomatiques et est associé au gouvernement dans l'élaboration et la conduite de la politique étrangère du pays. Commandant en chef des armées, il dispose de pouvoirs exceptionnels en temps de guerre. Enfin, le chef de l'Etat peut dissoudre le Parlement, soumettre à référendum - avec l'accord du gouvernement - un projet de loi ou une réforme constitutionnelle ou encore demander la tenue d'un conseil des ministres exceptionnel sur certains sujets mais ne peut s'opposer aux lois votées par les députés.

Tout candidat à la fonction présidentielle doit réunir sur son nom au moins 10 000 signatures d'électeurs pour pouvoir participer au scrutin.

Rappel des résultats de l'élection présidentielle des 28 décembre 2014 et 11 janvier 2015 en Croatie


Participation : 47,12% (1er tour) et 59,06% (2e tour)



Source : https://www.izbori.hr/arhiva-izbora/index.html#/app/predsjednik-2014

L'élection présidentielle croate sera particulièrement suivie dans la perspective du prochain scrutin législatif qui aura lieu en Croatie à l'automne 2020. Rappelons que Zagreb assurera pour la première fois de son histoire la présidence semestrielle du Conseil de l'Union européenne à partir du 1er janvier 2020.

Le mandat de la présidente de la République sortante Kolinda Grabar-Kitarovic expire le 19 février 2020.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
L'auteur
Corinne Deloy
Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman
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