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Progression de la droite et net recul des sociaux-democrates aux elections législatives de Finlande.

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Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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19 mars 2007
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

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Progression de la droite et net recul des sociaux-democrates aux elections légis...

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Le Parti du centre (KESK) du Premier ministre sortant, Matti Vanhanen, arrive d'extrême justesse en tête des élections législatives qui se sont déroulées le 18 mars en Finlande et qui marquaient le 100e anniversaire de l'Eduskunta/Riksdag (nom finnois et suédois du Parlement). Le KESK recueille 23,10% des suffrages et remporte 51 sièges au Parlement, soit un recul de 1,6 point et de 4 sièges par rapport aux précédentes élections législatives du 16 mars 2003. La principale formation d'opposition, le Rassemblement conservateur (KOK), obtient 22,30% des voix (+ 3,7 points) et 50 députés (+ 10). Le Parti social-démocrate (SPD) est le grand perdant de ce scrutin. Avec 21,40% des suffrages et 45 sièges, il n'arrive qu'en troisième position, une première depuis 1962, perdant 3,1 points et 8 sièges. Cinq autres formations seront représentées au Parlement : l'Alliance des gauches (VAS) qui recueille 8,80% des suffrages (- 1,1 point) et 17 sièges (- 2) ; des Verts (VIHR) 8,50% (+ 0,5 point) et 15 sièges (+ 1) ; du Parti chrétien-démocrate (SKL) 4,90% (- 0,4 point) et 7 sièges (-1) ; du Parti du peuple suédois (SFP), 4,50% (- 0,1 point) et 9 sièges (+ 2) et des Vrais Finlandais (PS), dont il faut noter la progression et qui obtiennent 4,10% (+ 2,5 points) et 5 sièges (+ 2).

Le Parti du centre (KESK) réalise son meilleur résultat dans la région d'Oulu (centre du pays), et en Laponie : respectivement 43,2% et 43,1% des voix, contre 6,9% seulement à Helsinki, tandis que le Parti social-démocrate s'impose en Carélie du Nord (Est du pays), 31,5%, et dans la région de Satakunta (ouest du pays), 29,5%. Enfin, le Rassemblement conservateur devance ses adversaires dans la région d'Helsinki, recueillant 30,2% des suffrages. Les Verts atteignent 20,1% des voix dans cette même partie du pays, alors que l'Alliance des gauches remporte 23,1% des suffrages en Laponie. Enfin, relevons le score élevé du Parti du peuple suédois dans la région de Vaasa (Est) : 20,6%.

La participation s'est élevée à 67,9%, soit 1,7 point de moins que lors des dernières élections législatives du 16 mars 2003. Les habitants de la capitale Helsinki ont été les plus mobilisés (71,1% de participation) alors que ceux des îles Aland, Etat libre associé à la Finlande, n'ont été que 57,1% à se rendre aux urnes. 1 214 170 personnes, soit 29,2% des électeurs inscrits, avaient voté par avance entre le 7 et le 13 mars derniers.

« Nous avons réussi. Dans une élection, il est toujours facile de gagner venant de l'opposition mais le plus difficile est de renouveler sa propre victoire. Nous sommes les premiers en terme de votes et les premiers en nombre de sièges » s'est réjoui dimanche soir le Premier ministre sortant Matti Vanhanen. A l'annonce des premiers résultats, celui-ci avait pourtant affirmé « Nous sommes en passe de perdre en plusieurs endroits. Le Rassemblement national est le vainqueur évident des élections législatives ». Le grand enjeu de ces élections était en effet de déterminer la première formation du pays, puisque le leader du parti remportant le plus grand nombre de suffrages est, en Finlande, traditionnellement désigné pour entamer les négociations avec les autres en vue de composer la future coalition gouvernementale et, le plus souvent, devient Premier ministre. Le Parti du centre est donc officiellement le vainqueur du scrutin, mais sa victoire est moindre que celle annoncée par les instituts d'opinion. C'est pourquoi le leader de la principale formation d'opposition pouvait dimanche soir revendiquer la victoire. « Le Rassemblement national a remporté une très grande victoire. Je pense que ce serait très étrange si nous n'étions pas dans le nouveau gouvernement » a souligné Jyrki Katainen.

La participation, inférieure à celle enregistrée lors des élections législatives du 16 mars 2003, semble bien être l'une des raisons principales du recul des sociaux-démocrates, les électeurs de gauche s'étant nettement moins mobilisés que leurs adversaires. « Les résultats ne sont pas satisfaisants. Nous n'avons clairement pas pu faire entendre notre message auprès des électeurs » a analysé le ministre des Finances et leader des sociaux-démocrates, Eero Heinäluoma, qui s'est toutefois voulu optimiste, précisant que la question de la formation du gouvernement restait « ouverte ». « Les électeurs sociaux-démocrates sont restés à la maison » a affirmé Tom Moring, professeur de science politique à l'université d'Helsinki.

La forte poussée du Rassemblement conservateur devrait lui permettre d'entrer dans le prochain gouvernement qui devrait être conduit par le Parti du centre. « Nous sommes capables de coopérer aussi bien avec la droite qu'avec la gauche » a déclaré Matti Vanhanen le 14 mars dernier.

Agé de 51 ans et originaire de la ville de Jyväskylä au centre du pays, Matti Vanhanen est diplômé de science politique et de sciences sociales. Il est entré en politique, au Parti du centre, en 1976, et a dirigé le mouvement jeune de la formation entre 1980 et 1983, occupant des mandats locaux dans la ville d'Espoo (entre 1981 et 1984) avant de retourner à sa profession de journaliste en 1985 au sein de la rédaction du Kehäsanomat dont il deviendra le rédacteur en chef entre 1988 et 1991. Cette même année, il fait son entrée au Parlement où il sera constamment réélu durant les législatures suivantes. En 2002, il est nommé membre de la Convention sur l'avenir de l'Europe chargée de rédiger le traité établissant une Constitution pour l'Europe, un poste qu'il quittera pour devenir ministre de la Défense du gouvernement dirigé par Anneli Jäätteenmäki (KESK) entre le 17 avril et le 23 juin 2003. Première femme à occuper la tête du gouvernement, Anneli Jäätteenmäki sera cependant contrainte à la démission, accusée d'avoir remis à la presse pendant la campagne électorale des documents compromettants sur Paavo Lipponen (SPD), ancien Premier ministre candidat à sa propre succession. Le 24 juin 2003, après seulement dix semaines d'expérience ministérielle, Matti Vanhanen la remplace au poste de Premier ministre.

Le 15 janvier 2006, il arrive en troisième position derrière la Présidente sortante Tarja Halonen (46,3%) et le candidat du Rassemblement conservateur Sauli Niinistö (24,1%) lors du premier tour de l'élection présidentielle, recueillant 18,6% des suffrages.

Même si Matti Vanhanen n'a pas déclaré clairement avec qui il gouvernerait durant les quatre années à venir, le résultat du Rassemblement conservateur devrait conduire à la formation d'un gouvernement plus libéral que le précédent. Le Parti social-démocrate, qui pour la première fois depuis quarante-cinq ans est devancé par les deux formations de droite, retrouvera donc les bancs de l'opposition qu'il avait quittés en 2003. « Les discussions seront très difficiles. Les programmes seront déterminants » a déclaré Matti Vanhanen qui a affirmé que la prochaine coalition gouvernementale pourrait également accueillir deux autres « petits » partis. « Je pense qu'il est bon que le gouvernement ait au moins entre cent quinze et cent vingt sièges au Parlement » a-t-il souligné. Le changement de gouvernement ne devrait cependant pas entraîner de changements importants dans la politique intérieure ou extérieure de la Finlande, les questions économiques et sociales faisant l'objet d'un large consensus régnant entre les trois principales formations politiques du pays.

Le Parlement élira le Premier ministre le 17 avril prochain et la présidente de la République, Tarja Halonen, désignera officiellement le gouvernement deux jours plus tard

Source www.vaalit.fi

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