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La Nouvelle démocratie du Premier ministre sortant Costas Caramanlis remporte les élections législatives grecques

Actualité

Corinne Deloy,  

Fondation Robert Schuman

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16 juillet 2007
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Corinne Deloy

Chargée d'études au CERI (Sciences Po Paris), responsable de l'Observatoire des élections en Europe à la Fondation Robert Schuman

Robert Schuman Fondation

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La Nouvelle démocratie du Premier ministre sortant Costas Caramanlis remporte le...

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Comme l'avait prévu l'ensemble des enquêtes d'opinion (celles-ci, interdites les deux semaines précédant le scrutin, n'avaient cependant pu prendre la mesure de la déplorable gestion des violents incendies de la fin août sur les intentions de vote), la Nouvelle démocratie (ND) du Premier ministre sortant Costas Caramanlis est arrivée en tête des élections législatives qui se sont déroulées en Grèce le 16 septembre. La formation recueille 41,85% des suffrages (+ 1,35 point par rapport au précédent scrutin du 7 mars 2004) et remporte 152 sièges (- 13), soit la majorité absolue des 300 membres de la Vouli, Chambre unique du Parlement. Son principal adversaire, le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) obtient 38,11% (- 2,39 points) des voix et 102 sièges (- 15).

L'ensemble des "petits" partis enregistre une progression, à commencer par le Parti communiste (KKE) d'Aleka Papariga Syriza qui recueille 8,14% des suffrages (+ 2,24 points) et 22 sièges (+ 10). La Coalition des forces de gauche et du progrès (Synaspismos), dirigée par Alecos Alavanos et regroupée, avec d'autres formations d'extrême gauche, sous le label de la Coalition radicale de gauche (Syriza), obtient 5,03% des voix (+ 1,73 point) et 14 sièges (+ 8). Enfin, avec 3,79% des suffrages (+ 1,59 point) et 10 sièges, l'Alarme populaire orthodoxe (LAOS) de Giorgos Karadzaferis fait son entrée au Parlement, une première pour ce parti d'extrême droite.

Les électeurs grecs ont donc choisi de reconduire l'équipe gouvernementale sortante pour quatre années supplémentaires. La mauvaise gestion par le pouvoir en place des violents incendies qui ont dévasté, à la fin du mois d'août, une partie du Sud du pays faisant au total 66 morts, rayant de la carte 110 villages et détruisant environ 200 000 hectares de forêts et de champs, s'ils ont suscité la colère de nombreux Grecs contre leurs autorités, n'a pas inversé la tendance qui se dégageait quelques semaines avant les élections législatives. "Aujourd'hui, vous vous êtes exprimés haut et fort. Vous avez donné à la Nouvelle démocratie un mandat clair pour poursuivre les changements, pour continuer la réforme dont le pays a besoin. Votre message est très clair. En ce qui me concerne je ressens une double responsabilité. La responsabilité de devenir meilleur, d'éviter les erreurs, de devenir plus efficace et la responsabilité d'être encore plus près des citoyens, encore plus près de leurs problèmes. Les problèmes n'ont pas de couleur. L'avenir appartient à tout le monde, sans discrimination et sans exclusion" a déclaré le Premier ministre Costas Caramanlis. "Le gouvernement a gagné dans des circonstances très difficiles. Bien sûr qu'il y a un message pour la Nouvelle démocratie que nous devons écouter" a cependant souligné le maire d'Athènes, Nikitas Kaklamanis. "Il n'y aura pas de période de grâce, nous devrons appliquer notre programme de réformes immédiatement" a averti le ministre des Transports, Michalis Liapis.

"Nous respectons les citoyens et nous leur faisons confiance. Nous participons à cette procédure démocratique avec le sourire et en toute confiance" déclarait dimanche le Premier ministre après avoir voté à Thessalonique, ville située dans le nord du pays. "Pour aller de l'avant, ce pays a besoin d'un gouvernement qui peut prendre des décisions rapides et courageuses sur les changements et les réformes" déclarait encore Costas Caramanlis le 14 septembre dernier dans son discours de clôture de campagne.

Les Grecs ont donc décidé de faire confiance à leur Premier ministre pour poursuivre les réformes engagées par son premier gouvernement, le Mouvement socialiste panhellénique n'étant jamais vraiment parvenu à s'imposer comme une véritable alternative à la Nouvelle démocratie. "Nous n'avons pas encore tous les résultats, mais la Nouvelle démocratie a remporté les élections législatives et le Mouvement socialiste panhellénique a perdu" a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur et secrétaire du PASOK, Costas Skandalidis à l'annonce des premiers résultats, reconnaissant ainsi la défaite des socialistes.

"Le peuple a décidé et le résultat ne nous a pas été favorable. Le Mouvement socialiste panhellénique se trouve à un tournant. Notre parti a livré une belle bataille mais n'a pas réussi à l'emporter. Nous y avons tous participé, joué un rôle et nous sommes responsables. Moi le premier" a déclaré le leader du Mouvement socialiste panhellénique, George Papandréou après l'annonce des premiers résultats. "La Nouvelle démocratie réussit à gagner, avec une avance importante en dépit d'un contexte défavorable. Si les résultats des enquêtes d'opinion se retrouvent dans les résultats officiels, pour le Mouvement socialiste panhellénique, il pourrait s'agir de son plus mauvais résultat en terme de pourcentage depuis 1977" souligne Costas Yfantis, chercheur au Centre hellénique d'études européennes.

Les résultats de ces élections législatives révèlent un effritement du soutien dont jouissent les deux principales formations politiques grecques. Lors du dernier scrutin du 7 mars 2004, la Nouvelle démocratie et le Mouvement socialiste panhellénique avaient recueilli ensemble 85,4% des suffrages. Ils en obtiennent 79,96% le 16 septembre. "Jamais depuis 1958, les petits partis ont obtenu une part aussi importante des suffrages" souligne Constantine Routzounis, directeur de recherche à l'Institut Kapa. Cette tendance avait déjà pu être observée aux dernières élections locales des 15 et 22 octobre 2006. Lors de ce scrutin, les "petits" partis avaient recueilli des résultats supérieurs à ceux qu'ils obtenaient habituellement, le Mouvement socialiste panhellénique ne réussissant pas à capitaliser sur son nom le mécontentement d'une partie de la population face à la Nouvelle démocratie au pouvoir. En outre, le résultat obtenu par les candidats clairement positionnés en dehors des deux principales formations politiques du pays avait surpris les commentateurs politiques. Des personnalités indépendantes ou se positionnant "ni Nouvelle démocratie ni Mouvement socialiste panhellénique" avaient réalisé de bons résultats, notamment dans les grandes villes. "Dispersion et abstention sont peut-être la marque d'un léger ras le bol de la population pour le duo Mouvement socialiste panhellénique-Nouvelle démocratie" analysait à l'époque l'éditorialiste politique Nikos Dimou.

Âgé de cinquante et un ans, Costas Caramanlis est le neveu de l'ancien Président de la République (1980-1995), Constantin Caramanlis. Après des études de droit et de science politique, il est élu député en 1989 et prend la tête de la Nouvelle démocratie en 1997. Il mènera durant plusieurs années un travail de fond pour rénover, unifier et pacifier la formation avant de devenir, le 7 mars 2004, le plus jeune Premier ministre que la Grèce ait jamais connu. Durant les trois années et demi où il dirige le pays, la Grèce connaît une période d'embellie économique : plus de 4% de croissance de son PIB, un déficit public passant sous la barre des 3% exigés par le Pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne (2,6% en 2006) et un taux de chômage en recul de plus de trois points (8%).

Costas Caramanlis devrait très rapidement s'atteler à l'élaboration et à la mise en place de nombreuses réformes structurelles économiques et sociales, réclamées par l'Union européenne, au premier rang desquelles la réforme des retraites.

Résultats des élections législatives du 16 septembre 2007 en Grèce

Participation : 74,1 % (le vote est obligatoire en Grèce)

Source : Ministère grec de l'Intérieur, de l'Administration publique et de la Décentralisation

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