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Politique et démocratie
Kosovo - Législatives

Le Parti démocratique du Premier ministre sortant Hashim Thaçi arrive en tête des élections législatives anticipées au Kosovo

Le Parti démocratique du Premier ministre sortant Hashim Thaçi arrive en tête des élections législatives anticipées au Kosovo

10/06/2014 - Résultats

Le Parti démocratique (PDK) dirigé par le Premier ministre sortant Hashim Thaçi est arrivé en tête des élections législatives anticipées le 8 juin au Kosovo. Il a recueilli 30,69% des suffrages, devançant de quelques points la Ligue démocratique (LDK), conduite par l'ancien maire de Pristina (2007-2014), Isa Mustafa, qui a obtenu 25,7% des voix.
Avec 13,48% des suffrages, le Mouvement pour l'auto-détermination (Vetëvendosja, VV), parti de gauche dirigé par Albin Kurti, a échoué dans son désir de bousculer le système politique du pays. Il a devancé l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK), emmenée par l'ancien Premier ministre (2004-2005) et ex-commandant de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), Ramush Haradinaj (actuellement emprisonné à La Haye et poursuivi pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, TPIY), qui a recueilli 9,6% des voix.
Représentant la minorité serbe du Kosovo (10 000 personnes sur un total de 1,8 million d'habitants), la Liste serbe unie (JLS) a obtenu 4,21% des suffrages.
Le taux de participation a atteint 43,16%, soit -5,5 points par rapport aux précédentes élections législatives du 12 décembre 2010.

Les autorités de Serbie avaient appelé les serbes du Kosovo à se rendre aux urnes. "La participation aux élections est un devoir patriotique pour chaque citoyen serbe vivant au Kosovo" avait déclaré le gouvernement de Belgrade. "La participation de la communauté serbe au scrutin est importante et aura un impact positif sur la mise en œuvre de l'accord de Bruxelles" a indiqué Behlul Beqaj, professeur de science politique à Pristina, qui pense que les élus des minorités (serbes et autres) risquent d'être très courtisés à l'issue du scrutin par les dirigeants des principaux partis qui seront à la recherche d'alliés pour former une majorité.
L'accord de Bruxelles a été signé par Pristina et Belgrade le 13 avril 2013. Il marque le début du rapprochement des deux pays. Rappelons que les autorités serbes ne reconnaissent pas l'indépendance du Kosovo.



"Ce soir, le Kosovo a gagné. Demain, nous commencerons à travailler ; nous montrerons au monde que l'accès à l'indépendance n'était que le début de notre histoire" a déclaré le chef du gouvernement sortant Hashim Thaçi à l'annonce des résultats. "Les peuples et les partis de notre pays ont témoigné du fait que la démocratie était bien réelle au Kosovo" a-t-il souligné, ajoutant : "Nous allons continuer à œuvrer au développement de notre pays".

Le Parti démocratique aura besoin de trouver des partenaires pour espérer continuer à gouverner le pays. Les autres partis ont cependant exclu tout accord avec le parti du Premier ministre sortant. Cette fois encore, les députés représentant les minorités nationales pourraient être spécialement courtisées, et notamment ceux de la Liste serbe unie (JSL). Certains analystes ont évoqué la possibilité d'une grande coalition entre le Parti démocratique d'Hashim Thaçi et la Ligue démocratique d'Isa Mustafa.

Quelle que soit sa composition, le futur gouvernement kosovar aura de lourds défis à relever dans les quatre années à venir. Le pays est confronté à une grave crise économique : le taux de chômage s'élève à 35 % et le taux de pauvreté atteint 47%. L'exécutif devra également lutter de façon rapide et efficace contre la corruption et le crime organisé qui gangrènent la société.
Directeur de la publication : Pascale JOANNIN